Deux ans après la disparition des activistes Oumar Sylla, alias Foniké Menguè, et Mamadou Billo Bah, l’opposant Cellou Dalein Diallo interpelle les autorités guinéennes et réclame des réponses sur le sort des personnes portées disparues.
Dans un message publié à l’occasion de l’anniversaire de leur enlèvement, le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) estime que cette date constitue « la marque indélébile de la culpabilité assumée d’un régime ».
« Deux ans que Foniké Menguè et Billo Bah ont été victimes de disparition forcée. Deux ans que le silence des autorités tient lieu de réponse aux interrogations de leurs familles. Deux ans que l’État, qui devrait protéger, est devenu suspect », affirme-t-il.
Pour l’ancien Premier ministre, l’absence de nouvelles sur ces activistes ne relève pas d’une simple défaillance administrative, mais traduit une volonté politique de maintenir le silence.
« Qu’on ne s’y trompe pas : on ne disparaît pas impunément dans un pays sans que des responsabilités soient engagées au sommet. Ce silence n’est pas une négligence. Il est une stratégie. Une stratégie d’intimidation, de terreur, de confiscation des libertés », accuse Cellou Dalein Diallo.
L’opposant présente Foniké Menguè et Billo Bah comme des citoyens engagés dont l’action militante aurait été à l’origine de leur disparition.
« Foniké et Billo n’étaient pas des criminels. Ils étaient des citoyens debout, engagés, courageux. Leur seul tort a été de refuser de se taire face à l’arbitraire », soutient-il.
Cellou Dalein Diallo estime par ailleurs que les responsables actuels devront répondre devant l’histoire sur cette affaire.
« Ceux qui gouvernent portent une responsabilité historique. L’histoire retiendra les noms de ceux qui ont laissé faire, de ceux qui ont couvert, de ceux qui ont ordonné », déclare-t-il.
Dans son message, il évoque également plusieurs autres cas de personnes dont les familles réclament des informations sur leur sort. Il cite notamment le journaliste Marouane Camara, Saadou Nimaga, les militants de l’UFDG Mamadou Bory Barry dit « Mabory » et Nènè Oussou Diallo, ainsi que d’autres personnes citées comme victimes présumées de disparition forcée.
L’opposant appelle enfin les autorités à faire toute la lumière sur ces dossiers.
« Le peuple exige des réponses et qu’on mette fin à ces pratiques honteuses », conclut Cellou Dalein Diallo.
Laguinee.info





