Le Niger a officiellement engagé son retrait de la Cour pénale internationale (CPI), accusant l’institution basée à La Haye de pratiquer une justice sélective.
Les autorités nigériennes ont adressé, lundi, une notification aux Nations unies, déclenchant ainsi la procédure prévue par le Statut de Rome, traité fondateur de la CPI.
Dans sa correspondance, le gouvernement nigérien estime que l’institution s’est éloignée de sa mission initiale.
« Alors que la Cour avait suscité de grands espoirs parmi les peuples épris de paix et de justice, elle a été détournée de sa vocation et exploitée », indique la lettre de retrait.
Le Niger, le Mali et le Burkina Faso avaient annoncé, en 2025, leur intention commune de quitter la juridiction internationale.
Depuis le coup d’État militaire de juillet 2023 qui a renversé le président élu Mohamed Bazoum, les autorités nigériennes ont profondément réorienté leur politique étrangère. Elles ont progressivement rompu avec plusieurs partenaires occidentaux et renforcé leurs relations avec de nouveaux alliés, notamment la Russie.
Le Mali et le Burkina Faso, également dirigés par des régimes militaires issus de coups d’État, ont suivi une trajectoire comparable ces dernières années.
La CPI a exprimé son regret après l’annonce du retrait du Niger.
« Nous regrettons toute décision de se retirer de l’effort collectif visant à mettre fin à l’impunité pour les crimes internationaux les plus graves », a déclaré la Cour dans un communiqué.
Conformément aux dispositions du Statut de Rome, le retrait du Niger ne prendra effet qu’un an après la réception officielle de la notification par les Nations unies. Toutefois, les crimes relevant de la compétence de la CPI et commis avant cette date pourront toujours faire l’objet d’enquêtes ou de poursuites.
Cette décision intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu au Sahel. Début juin, plus de 30 personnes ont été tuées lors d’une attaque menée par des hommes armés contre l’aéroport international de Niamey, une infrastructure stratégique qui abrite notamment des installations militaires et le siège de l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Niger, le Mali et le Burkina Faso.
Cette attaque illustre la persistance de l’insécurité dans la région, marquée par une intensification des actions des groupes armés contre les centres urbains et les infrastructures stratégiques.
Avec cette décision, le Niger devient le troisième État à notifier officiellement son retrait de la CPI, après le Burundi et les Philippines.
Laguinee.info





