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Symposium de Souleymane Diallo : «C’est quelqu’un d’une chaleur humaine extraordinaire», témoigne Dr Sékouna Keïta

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Le Palais du Peuple de Conakry a abrité ce jeudi 11 juin 2026 une cérémonie de recueillement et de prières en hommage à El Souleymane Diallo, fondateur du journal satirique Le Lynx, disparu récemment. Membres du gouvernement, confrères journalistes et nombreuses personnalités étaient réunis pour rendre un dernier hommage à celui qui a marqué plusieurs générations de professionnels des médias en Guinée et en Afrique. Dr Sékouna Keïta, journaliste et enseignant-chercheur à l’ISIC de Kountia, a livré un témoignage empreint d’émotion.

Il aimait son métier. Il aimait les gens. Et partout dans le monde des médias africains, tout le monde le connaissait. Conakry lui a dit adieu ce jeudi.

Un dernier rassemblement autour d’un pionnier

Au Palais du Peuple, ils étaient nombreux à être venus : parents, amis, proches, collaborateurs, confrères. Des membres du gouvernement côtoyaient des journalistes de terrain, des acteurs de la société civile et des personnalités venues de différents horizons. Tous réunis autour d’un même souvenir : celui d’un homme qui avait choisi la plume libre comme arme et la satire comme langage.

« Il n’était pas seulement un professionnel, c’était aussi un chef d’entreprise »

C’est Dr Sékouna Keïta, journaliste et enseignant-chercheur à l’Institut supérieur de l’information et de la communication (ISIC) de Kountia, qui a pris la parole au nom de ceux qui ont côtoyé El Souleymane Diallo de près. Son témoignage a posé les mots justes sur un parcours hors du commun.

« Il avait l’amour de son métier. Il n’était pas seulement un professionnel, c’était aussi un chef d’entreprise qui a créé l’un des tout premiers groupes de presse de l’ère du pluralisme médiatique en Guinée. Un groupe qui résiste jusqu’à aujourd’hui », a-t-il déclaré, soulignant qu’El Souleymane Diallo reste l’une des figures emblématiques de la presse guinéenne et africaine des trente à quarante dernières années.

Une chaleur humaine qui dépassait le cadre professionnel

Mais Dr Keïta a tenu à aller au-delà du bilan professionnel pour dire ce que les chiffres et les titres ne traduisent pas. « El Souleymane, c’est quelqu’un d’une chaleur humaine extraordinaire. Il faut l’approcher, être à ses côtés et partager quelques moments avec lui pour comprendre que son humanité, sa gentillesse et son sens du social vont bien au-delà de ce que l’on peut attendre d’un responsable de médias ou d’un chef d’entreprise », a-t-il confié.

Et d’évoquer une réalité que beaucoup de ses confrères ont vécue : « Partout où vous allez dans les rencontres consacrées aux médias, on vous demande toujours des nouvelles d’El Souleymane Diallo. Si vous êtes avec lui, vous vous rendez compte que tout le monde le connaît. Il est l’ami de tout le monde, il collabore avec tout le monde et se soucie de tout le monde. »

Un homme soucieux de la relève

Un aspect méconnu du grand public a également été mis en lumière lors de cet hommage : le souci constant d’El Souleymane Diallo pour la formation des jeunes journalistes. « Il avait le souci permanent de mettre l’accent sur la nécessité de former et de bien former les jeunes journalistes. La première génération de journalistes guinéens, qui a commencé à exercer dans les années 1960 et 1970, comptait parmi les plus professionnelles et les meilleures d’Afrique. Mais pour les générations suivantes, la formation n’a pas toujours été à la hauteur. C’était une préoccupation majeure pour lui », a expliqué Dr Keïta.

Un homme préoccupé par l’avenir de son métier, au moins autant que par ses propres réalisations.

Avec El Souleymane Diallo, la Guinée perd un pionnier de la presse privée, un défenseur de la liberté d’expression et un bâtisseur discret mais déterminé de la profession journalistique. Le Lynx continuera de paraître. Mais la voix qui lui a donné son âme, elle, s’est tue.

 

IAC, pour Laguinee.info 

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