Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi 9 juin 2026 à son quartier général de Kagbélen, dans la commune de Dubréka, le Front Démocratique de Guinée (FRONDEG) a dénoncé ce qu’il qualifie de manipulation des résultats des élections législatives du 31 mai 2026. Selon le parti, les chiffres validés et signés par la Commission administrative de centralisation des votes (CACV) divergent de ceux publiés par la Direction générale des élections (DGE). Le FRONDEG dit disposer de documents justificatifs.
Les résultats ont été signés, affichés, validés. Puis, selon le FRONDEG, ils ont changé. C’est la question au cœur de cette conférence de presse.
Des chiffres qui ne collent pas
C’est Mamadou Djouldé Diallo, observateur mandaté par le FRONDEG, qui a pris la parole pour exposer les faits tels que son parti les présente. Selon lui, à l’issue du dépouillement et de la centralisation, les résultats enregistrés attribuaient 20 115 voix à la liste du FRONDEG contre 17 981 voix à celle de la GMD.
« Le processus s’est déroulé normalement et nous avons pu conclure avec un nombre de voix de 20 115, où la liste du FRONDEG de Kagbélen a obtenu ce score, tandis que la liste de la GMD a obtenu 17 981 voix. Tout a été approuvé par le président du CACV, le représentant de la DGE et les deux autres membres du CACV. Les résultats ont été entérinés, signés et affichés au niveau de la centralisation », a-t-il affirmé.
Or, les chiffres publiés par la DGE seraient différents, sans que le FRONDEG ne précise les nouveaux scores annoncés par l’institution électorale. Un écart que le parti juge inexplicable et inacceptable.
Des documents en main, une voie de recours annoncée
Le FRONDEG affirme disposer de documents justificatifs attestant les résultats issus du processus de centralisation, notamment les procès-verbaux signés par l’ensemble des membres habilités de la CACV. Ces pièces constitueraient la base de toute action en justice ou recours administratif que le parti entend engager.
Le parti demande que « toute la lumière soit faite sur les écarts constatés entre les résultats validés au niveau de la centralisation et ceux proclamés par l’organe chargé des élections », et annonce poursuivre les démarches nécessaires pour faire valoir sa position.
Une accusation grave dans un contexte post-électoral tendu
Cette sortie du FRONDEG intervient dans un contexte de vives contestations post-électorales à travers plusieurs circonscriptions du pays. La dénonciation d’une modification de résultats après leur validation officielle constitue une accusation extrêmement grave, qui met directement en cause l’intégrité du processus de centralisation et de proclamation des résultats.
Si les documents dont le FRONDEG affirme disposer viennent corroborer les chiffres avancés, la justice électorale guinéenne sera en première ligne pour traiter ce dossier, et l’ensemble du système de gestion des résultats du scrutin du 31 mai se retrouvera sous intense scrutin.
IAC, pour Laguinee.info





