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Scrutin du 31 mai à Kankan : forte mobilisation des autorités, faible affluence des populations

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Ce dimanche 31 mai, Kankan s’est éveillée au rythme du double scrutin législatif et communal. Si le dispositif sécuritaire était en place dès l’aube et les autorités administratives massivement présentes dans les bureaux de vote, la participation des citoyens ordinaires est restée en deçà des attentes dans la commune urbaine. Un contraste saisissant entre la mobilisation officielle et l’enthousiasme populaire mitigé.

Les autorités étaient là. Les urnes aussi. Les électeurs, un peu moins.

Un déploiement sécuritaire et institutionnel remarqué

Dès les premières heures de la matinée, un important dispositif sécuritaire encadrait déjà la ville de Kankan. Les électeurs qui ont fait le déplacement se sont dirigés sereinement vers les différents bureaux de vote dans un calme total, ce qui constitue en soi un motif de satisfaction dans un contexte électoral souvent tendu.

Côté autorités, la mobilisation était au rendez-vous. Plusieurs membres du gouvernement en déplacement à Kankan ont tenu à voter sur place et à s’exprimer publiquement sur le déroulement du scrutin.

Les autorités se félicitent, mais le fossé avec la réalité du terrain est visible

Le ministre de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale, Mory Condé, a affiché sa satisfaction.

« Nous avons voté aux côtés des autorités administratives et constatons une belle mobilisation des citoyens dans les bureaux de vote. Nous appelons tout le monde à maintenir le calme et à se rendre massivement aux urnes, car ces élections concernent l’avenir de notre pays », a-t-il déclaré.

Billy Kaba, secrétaire général du ministère de la Jeunesse, a abondé dans le même sens.

« Il y a une grande mobilisation de la population, ce qui montre un soutien à la vision de notre Président Mamadi Doumbouya. Kankan a toujours respecté son devoir de vote et écouté les orientations de ses dirigeants », a-t-il affirmé.

Le ministre et secrétaire général des Affaires religieuses, Karamo Diawara, a lui aussi pris la parole depuis les urnes.

« Nous avons exercé notre devoir public avec responsabilité. La mise en place d’institutions républicaines est essentielle pour le développement de la Guinée. J’invite tous les Guinéens à participer à ces élections dans un esprit de paix et de compréhension », a-t-il déclaré.

Ce que le terrain dit : une faible affluence difficile à nier

Mais le tableau peint par les autorités contraste avec les constats effectués dans les bureaux de vote. La réalité de la journée électorale à Kankan est celle d’une faible affluence des populations dans la commune urbaine, un phénomène déjà observé dans d’autres villes du pays ce dimanche.

Certains citoyens ont également pointé du doigt les insuffisances de la communication autour du processus électoral. Dans une ville où plusieurs électeurs ignoraient encore la veille les modalités précises du double scrutin, l’abstention par manque d’information semble avoir pesé sur la participation.

L’espoir d’une fin de journée plus animée

Malgré ce démarrage en demi-teinte, les autorités locales maintiennent un discours d’optimisme et appellent les Kankanais encore hésitants à rejoindre les urnes avant leur fermeture. Les regards sont désormais tournés vers les résultats, qui dessineront le paysage politique de la capitale de la Haute-Guinée pour les années à venir.

À Kankan ce dimanche, le calme était là, et c’est précieux. Mais une élection qui mobilise davantage les autorités que les citoyens ordinaires pose une question que les résultats ne pourront pas éluder : comment réconcilier les Guinéens avec le vote, quand le sentiment que leur voix change réellement les choses peine encore à s’imposer ?

De Kankan, Mohamed Lamine Yansané pour Laguinee.info

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