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Le vote utile: l’enjeu crucial d’une bonne représentativité

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Ce dimanche 31 mai, en Guinée et à l’étranger, nous serons environ sept millions d’électeurs inscrits. Quelque sept millions d’âmes dans les murmures des files d’attente devant les bureaux de vote pour sceller un pacte de confiance avec nos représentants. En apposant nos signatures dans le secret des isoloirs lors de ce double scrutin (communal et législatif), nous ne nous acquitterons pas seulement d’un devoir civique, nous dessinerons d’un geste souverain, le nouveau visage de notre assemblée nationale et les contours de notre gouvernance locale.

Votons, votons utile !

Ce double rendez-vous historique nous interpelle. Il n’admet ni la légèreté, ni le renoncement. Il exige le sursaut patriotique. Il demande le vote.

Voter, c’est planter le décor de nos libertés. C’est garantir nos droits, exprimer nos convictions. Voter, c’est préserver les acquis démocratiques et d’être associés aux prises de décisions par l’intermédiaire de représentants élus pour porter notre voix. Nos actions aussi. Ce droit de vote, ne l’oublions pas, n’est pas un don du ciel ; il est le fruit, parfois douloureux, de luttes sociales que nous avons le devoir de préserver. Préservons-le, pour nous et pour les générations futures.

Cependant, si voter est un droit, bien choisir est une responsabilité. Pour qui voter ? C’est la question décisive qu’on se pose dans un flot de candidats. Nos représentants doivent être notre miroir. Nous devons pouvoir nous reconnaitre en eux, tant dans la justesse des décisions qu’ils prendront en notre nom que dans la dignité avec laquelle ils porteront nos aspirations.

Vouloir représenter est une chose, en avoir la capacité et la probité en est une autre.

Ceux à qui nous confions les clés de notre avenir doivent être habités par la volonté de servir. De nous servir, et non par l’ambition de se servir. Nos porte-paroles ont l’obligation de nous écouter, de porter haut notre voix et de nous rendre compte.

Un 31 mai décisif et historique pour les guinéens de l’étranger

Pour les guinéens de la diaspora, ce 31 mai n’est pas une date ordinaire, c’est un tournant déterminant. Pour la toute première fois de notre histoire, la nouvelle Constitution de 2025 vient enfin répondre à une des attentes majeures des guinéens d’Ailleurs : elle accorde désormais à la diaspora le droit de choisir ses représentants à l’hémicycle, au compte de ses circonscriptions.

C’est l’aboutissement de plusieurs années de revendications, de plaidoiries et d’espérances. C’est la preuve que lorsque les revendications sont légitimes et portées avec justesse et persévérance, même face aux obstacles les plus encrés, leur succès devient inéluctable.

Il est temps de prouver que les guinéens de l’étranger ne sont pas de simples spectateurs de la vie nationale, abrégés au rôle vital mais incomplet de pourvoyeurs de fonds. La diaspora est une force active, un réservoir de talents prêt à transformer l’exil en un retour de compétences. Il nous appartient de choisir, de bien choisir nos représentants. Les programmes bien ficelés et les figures de rhétoriques, c’est bien ; mais la politique de la preuve, est encore beaucoup mieux. Posons-nous quelques questions et tentons de les répondre avec rigueur, car notre crédibilité dépend aussi d’une bonne représentativité : Qui s’est distingué par sa proximité avec ses compatriotes avant ces échéances électorales ? Qui connaît mieux les problématiques de la diaspora ? Qui a fait la preuve de son engagement envers nos luttes et nos projets avant d’envisager sa légitimité de nous représenter ? Qui est capable de nous représenter, valablement ?

Ce 31 mai, ne laissons pas les autres décider à notre place. Ne laissons pas l’abstention ou le choix du hasard dicter nos lendemains. Dimanche, que chaque bulletin déposé dans les urnes soit un acte d’amour pour la Guinée, un choix guidé par l’exigence de la responsabilité pour un meilleur avenir commun. Votons, votons utile, votons vrai.

 

 Par Mohamed Yarie Touré, Auteur & Membre de la diaspora guinéenne de France.

 

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