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« Des montagnes de bauxite et des ventres vides » : Dr Faya Millimouno sort du silence et charge la gouvernance de Doumbouya

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Le président d’honneur du Bloc Libéral (BL), Dr Faya Millimouno, a brisé le silence ce jeudi 28 mai 2026 lors d’une conférence de presse au siège de son parti. Dans un discours sans concession, il a dénoncé la paradoxe d’un pays aux ressources colossales et à la population abandonnée, fustigé un système politique centré sur l’homme au lieu de la Nation, et présenté un programme législatif ambitieux à quelques jours des élections du 31 mai.

Il avait gardé le silence. Quand il a repris la parole, il n’a pas mâché ses mots.

« La honte, c’est d’avoir le sous-sol le plus riche avec un peuple des plus abandonnés »

Dr Faya Millimouno a ouvert son intervention par une formule qui résume à elle seule toute sa pensée. « La honte de notre pays, ce n’est pas la pauvreté de notre sous-sol. La honte de notre pays, c’est d’avoir le sous-sol parmi les plus riches du monde avec un peuple parmi les plus abandonnés de la planète », a-t-il lancé.

Il a ensuite déroulé une série de contrastes saisissants, construits comme une accumulation de paradoxes : « Des montagnes de bauxite… et des ventres vides. Des fleuves immenses… et des robinets secs. Des terres fertiles… et des familles qui ont faim. Des richesses minières colossales… et des écoles sans toit. »

Et il a situé la responsabilité sans détour : « Cela n’a rien d’une fatalité. C’est le résultat d’un système politique qui a échoué. »

« Depuis l’indépendance, nous n’avons pas construit une Nation »

Le diagnostic de de l’homme politique est historique autant que politique. Il remonte à l’indépendance pour décrire un système structurellement défaillant. « Depuis l’indépendance, nous n’avons pas construit une véritable Nation. Nous avons construit un système centré sur un homme : le Président », a-t-il accusé.

Ce système, il en décrit les rouages avec une précision désabusée : « Nos institutions ? Elles protègent le Président. Nos administrations ? Elles servent le président. Nos stratégies politiques ? Elles visent à préserver le pouvoir du président. On ne pense plus République. On pense survie politique. On ne travaille plus pour le peuple. On travaille pour être vu par le chef, pour lui plaire, pour obtenir ses faveurs ou éviter sa colère. »

La campagne électorale épinglée : « Un concours d’allégeance »

Observant la campagne électorale en cours à quelques jours du scrutin du 31 mai, l’opposant  s’est interrogé avec une franchise qui dérange. « Quels grands projets de société entendons-nous ? Quels débats sur l’éducation, la santé, l’agriculture, l’emploi ou la justice ? À la place, nous entendons : Je suis le choix du président. Je suis soutenu par le pouvoir. Je suis allié de la GMD. Mais sommes-nous dans une compétition démocratique ou dans un concours d’allégeance ? »

La question est rhétorique. La réponse aussi, et Dr Millimouno y a apporté la sienne en affirmant que le Bloc Libéral « refuse cette logique ».

Un programme législatif en cinq axes

Le Bloc Libéral ne se contente pas de dénoncer. Le candidat à la liste nationale du Bloc Libéral a présenté un programme législatif précis que le parti entend porter à l’Assemblée nationale. Cinq axes structurent cette ambition.

Sur la refondation de l’État et de la démocratie : une loi sur l’indépendance réelle de la justice, une loi de protection des libertés publiques, une réforme profonde du code électoral pour garantir la transparence des scrutins et sanctionner les fraudes, une loi sur la responsabilité des agents publics et une loi sur la transparence de la gestion publique.

Sur la lutte contre la corruption : la création d’une Haute Autorité indépendante, l’obligation de déclaration de patrimoine pour tous les responsables publics, une loi protégeant les lanceurs d’alerte et des sanctions renforcées contre le détournement des fonds publics.

« La Guinée doit cesser d’être un paradis pour les prédateurs et un enfer pour les honnêtes citoyens », a-t-il tranché.

Un avertissement et une espérance

Il a conclu son intervention sur une double note, celle de l’avertissement et celle de l’espoir. « Aucune confiscation du pouvoir n’est plus forte qu’un peuple debout et conscient de sa dignité », a-t-il prévenu, avant de tourner le regard vers le 31 mai.

« Ce jour peut marquer le début d’une nouvelle Guinée. Une Guinée réconciliée avec elle-même. Une Guinée de justice et d’espérance. Une Guinée sans peur. Une Guinée où l’on travaille pour la Nation et non pour flatter un homme. Une Guinée où les enfants de cette femme croiseront enfin l’avenir au lieu de croiser la souffrance. »

À trois jours du scrutin, la sortie de Dr Faya  résonne comme un rappel de fond dans une campagne dominée par les allégeances et les cortèges. Que son parti franchisse ou non le seuil de représentation, les questions qu’il pose ce jeudi méritent des réponses , quel que soit le résultat du 31 mai.

Ismaël Sam , pour Laguinee.info

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