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Simandou 2040 : la ministre Fatima Camara lance officiellement les projets et réformes du Pilier 1 à Conakry

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Le ministère de l’Industrie et du Commerce a organisé ce lundi à Conakry la cérémonie officielle de lancement des projets et réformes du Pilier 1 du Programme Simandou 2040. En présence du Premier ministre, de membres du gouvernement, de représentants diplomatiques et de partenaires techniques et financiers, la ministre Fatima Camara a posé les bases d’une ambition clairement affichée : en finir avec l’exportation brute des matières premières et engager la Guinée sur la voie de la transformation industrielle.

La Guinée a longtemps exporté son sous-sol. Elle annonce qu’elle veut désormais en garder la valeur.

Un lancement présidé au plus haut niveau

La cérémonie s’est tenue dans un complexe hôtelier de Conakry et a été présidée par le secrétaire général de la présidence de la République, le général Amara Camara. À ses côtés, le directeur de cabinet Djiba Diakité, le Premier ministre Amadou Oury Bah, plusieurs membres du gouvernement et des représentants diplomatiques accrédités en Guinée. Une présence institutionnelle dense qui dit l’importance accordée par les autorités à ce lancement.

Le Pilier 1 du Programme Simandou 2040 vise, selon les organisateurs, à mettre en place un cadre d’exécution, de coordination et de suivi destiné à soutenir les bases industrielles, commerciales, juridiques et institutionnelles du programme. En d’autres termes : construire l’architecture qui permettra au reste de tenir debout.

Fatima Camara : « Ce temps est révolu »

C’est la ministre de l’Industrie et du Commerce qui a porté le message central de la journée. Fatima Camara n’a pas mâché ses mots sur le passé, ni sur la rupture qu’elle entend incarner.

« Pendant trop longtemps, la Guinée a exporté ses matières premières sans transformation, limitant ainsi la création de valeur, l’emploi et le développement. Ce temps est révolu. Notre pays désormais a fait le choix d’un modèle fondé sur la transformation locale, la montée en puissance de nos capacités productives et la construction d’un tissu industriel national, solide et durable », a-t-elle déclaré.

La ministre a également annoncé un projet d’aménagement d’un nouveau parc industriel le long du corridor de Simandou, une infrastructure qui ne devra pas se limiter à acheminer du minerai vers les ports. « Ce corridor ne doit pas être uniquement un axe d’exploitation minière. Il doit devenir une véritable colonne vertébrale économique qui irrigue les territoires traversés et intègre les communautés locales », a-t-elle affirmé.

La refonte du Guinée Business Forum

Parmi les personnalités prenant la parole, Madame Hann, directrice générale du cabinet Expertise Guinée, a présenté la refonte méthodologique du Guinée Business Forum (GBF),  le principal cadre de dialogue entre l’État et le secteur privé.

Son intervention a posé la question centrale de l’articulation entre réformes institutionnelles et développement des entreprises. « Le programme Simandou porte une ambition claire : faire du potentiel minier de notre pays un véritable levier de développement durable. Mais la richesse du sous-sol ne se transforme en prospérité que si elle irrigue l’ensemble de l’économie, en particulier le tissu de l’entreprise », a-t-elle déclaré.

Elle a insisté sur la complémentarité indispensable entre les deux dimensions du programme. « Le projet d’appui renforce les entreprises à l’intérieur, le GBF va améliorer l’environnement dans lequel elles vont évoluer. L’un ne va pas sans l’autre. Une industrie compétitive a besoin de réformes bien ciblées avec un dialogue structuré avec le secteur privé. »

La coopération belge dans la durée

La cérémonie a également été marquée par l’intervention de Karmawi Sayyid, représentant d’Enabel, l’agence belge de développement. Son message a mis en perspective un engagement de longue haleine aux côtés de la Guinée.

« C’est depuis 10 ans que la coopération à travers Enabel accompagne la Guinée avec la forte conviction que la croissance durable passe nécessairement par le développement des PME, de l’entrepreneuriat, des chaînes de valeur locales et de l’industrialisation », a-t-il rappelé. Il a également évoqué le lancement des travaux de révision du code des investissements, soutenu par Enabel, « afin de contribuer à la mise en place d’un cadre attractif, compétitif et favorable aux investissements ».

À noter qu’une mission économique belge est prévue à Conakry au mois d’octobre prochain, pour renforcer davantage les partenariats économiques et industriels entre les deux pays.

Le lancement des réformes du Pilier 1 de Simandou 2040 marque une étape concrète dans la mise en œuvre d’un programme que les autorités guinéennes présentent depuis des mois comme la colonne vertébrale de leur vision de développement. Les ambitions sont posées, les partenaires sont mobilisés, les cadres institutionnels commencent à prendre forme. Il restera, comme toujours, à transformer ces architectures en résultats tangibles pour les populations.

 

Laguinee.info

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