Le journaliste sénégalais Madiambal Diagne a publié ce lundi sur le réseau social X une accusation explosive visant l’ex-Premier ministre Ousmane Sonko. Selon lui, Sonko, une fois installé à la présidence de l’Assemblée nationale ce 26 mai, ferait voter une mise en accusation du président Bassirou Diomaye Faye pour « haute trahison » avant de s’autoproclaimer président de la République par intérim. Des allégations graves, non étayées à ce stade, mais qui s’inscrivent dans un contexte politique sénégalais particulièrement tendu.
Un tweet. Une accusation de coup d’État. Et une journée cruciale au Parlement.
Ce que Madiambal Diagne a écrit
C’est sur le réseau social X que le journaliste Madiambal Diagne, figure connue et controversée du paysage médiatique sénégalais, a publié ce lundi une mise en garde formulée comme une révélation. « Sonko prépare un Coup d’État. Installé Président de l’Assemblée nationale, ce 26 mai 2026, il fera voter, dans la foulée, la mise en Accusation du PR Bassirou Diomaye Faye pour Haute trahison. Alors, il s’autoproclamera Président de la République par Intérim. Que nul n’en ignore ! », a-t-il publié.
Une déclaration au ton solennel, formulée comme un avertissement public, et qui n’est à ce stade étayée par aucune source officielle, aucun document ni aucune confirmation des parties concernées.
Ce que dit la Constitution sénégalaise
Pour comprendre le scénario évoqué par Madiambal Diagne, il faut s’arrêter sur le droit constitutionnel sénégalais. La Constitution du Sénégal prévoit effectivement la possibilité de mettre en accusation le président de la République devant la Haute Cour de Justice pour « haute trahison ». Cette procédure requiert un vote de l’Assemblée nationale à la majorité des trois cinquièmes de ses membres.
Or, Pastef, le parti de Sonko, détient 130 sièges sur 165 à l’Assemblée nationale, soit près de 79 % des sièges. Arithmétiquement, la majorité des trois cinquièmes est donc à la portée du parti si ses élus votaient en bloc.
Toutefois, plusieurs conditions procédurales et juridiques encadrent strictement cette procédure. Et en cas de vacance de la présidence, c’est le président du Sénat, et non celui de l’Assemblée nationale, qui assure l’intérim selon l’ordre constitutionnel sénégalais. Le scénario d’une autoproclamation décrit par Madiambal Diagne semble en contradiction avec ces dispositions constitutionnelles.
Un contexte politique qui attise tous les scénarios
Ces accusations, aussi graves soient-elles, surgissent dans un contexte de tension politique extrême. En moins d’une semaine, le Sénégal a vu son Premier ministre limogé, le président de son Assemblée nationale démissionner, et plusieurs hauts cadres de l’administration remettre leurs fonctions. Ce lundi 26 mai, les députés se retrouvent précisément pour élire un nouveau président de l’Assemblée, et la réintégration de Sonko comme député est à l’ordre du jour.
Dans ce climat électrique, les rumeurs et les accusations se multiplient sur les réseaux sociaux. La publication de Madiambal Diagne s’inscrit dans cette dynamique, celle d’une opinion publique sénégalaise qui scrute chaque geste politique et anticipe le pire.
Ni confirmation, ni démenti à ce stade
À l’heure où ces lignes sont écrites, ni le camp de Sonko ni les services de la présidence de la République n’ont réagi officiellement à ces allégations. Madiambal Diagne n’a pas apporté de preuves à l’appui de ses affirmations. Et Ousmane Sonko lui-même n’a pas pris la parole depuis le début de cette journée cruciale.
Il convient donc de traiter ces informations avec la prudence qu’impose le journalisme : une accusation sans preuve reste une accusation. Mais dans le Sénégal d’aujourd’hui, même les accusations sans preuve ont le pouvoir de déplacer des montagnes politiques.
Ce 26 mai restera une date charnière de l’histoire politique sénégalaise récente. Ce qui se passera réellement dans les heures qui viennent à l’Assemblée nationale, et la réponse que Diomaye Faye et ses proches y apporteront dira si les craintes de Madiambal Diagne étaient une mise en garde lucide ou une intoxication politique de plus dans une semaine qui en a déjà connu beaucoup.
Laguinee.info





