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Leadership féminin : lancement officiel d’Elles’Coaching Spéciales élections à Conakry, en présence du gouvernement

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Le programme Elles’Coaching Spéciales élections a été officiellement lancé ce samedi 23 mai 2026 dans la salle VIP de Camayenne Plage, à Conakry. Conçu pour accompagner les femmes candidates aux prochaines élections législatives et communales, ce dispositif pratique et stratégique vise à renforcer le leadership politique féminin en Guinée. La cérémonie s’est tenue en présence de membres du gouvernement et de cadres de la présidence de la République, rapporte Laguinee.info à travers un de ses journalistes.

 

51,8 % de la population. Et pourtant, encore trop peu dans les espaces où se prennent les décisions.

 

Un programme né d’un constat structurel

 

En Guinée, les femmes représentent 51,8 % de la population, selon les données de la RGPH-4. Mais leur poids démographique ne se traduit pas encore en représentation politique à la hauteur. Les initiateurs du programme l’ont dit clairement : les barrières sont profondes et systémiques, accès limité aux réseaux d’influence, cercles de décision majoritairement masculins, manque d’accompagnement stratégique, faible maîtrise des outils de communication politique.

C’est pour répondre à ces réalités concrètes qu’Elles’Coaching Spéciales élections a été conçu. La Co-Coordinatrice Mariam Tendou Kamara, chargée du pilotage opérationnel et de la coordination des phases de déploiement national, a présenté les cinq axes du programme : développer une posture de leader affirmée et confiante, maîtriser les codes du discours politique et de la prise de parole publique, construire une campagne efficace et adaptée au contexte local, incarner son mandat avec autorité et cohérence, et gérer son image et sa réputation dans l’espace public.

 

Gagner ou perdre: les deux sont une étape

 

La Co-Coordinatrice Fatou Souaré Hann, en charge du développement des partenariats et de la supervision de la stratégie pédagogique, a apporté une perspective qui a frappé les esprits. Elle a rappelé que l’élection n’est pas un point final, ni dans un sens ni dans l’autre.

 

« Beaucoup d’entre elles, dans quelques jours, seront déçues d’avoir perdu. Elles penseront avoir perdu, mais elles n’auront rien perdu, elles auront gagné cette expérience, elles se seront lancées et seront dans le jeu pour les prochaines élections. Parce qu’une élection, c’est l’avant, le pendant et l’après, pas seulement ce jour-là », a-t-elle déclaré.

 

Et pour celles qui gagnent ? « Je vous assure qu’elles auront des vertiges une fois qu’on les placera à la députation ou dans les conseils communaux, en se disant « J’ai gagné, maintenant, qu’est-ce que je fais ? » Et c’est là encore une fois que le head coaching arrive », a-t-elle ajouté, pointant la nécessité d’un accompagnement qui ne s’arrête pas le soir du dépouillement.

 

Le gouvernement apporte son soutien

La ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités, Patricia Lamah, a pris la parole pour replacer cette initiative dans le cadre des réformes engagées sous la présidence de Mamadi Doumbouya. Son discours n’a pas esquivé les réalités.

 

« Une démocratie ne peut être pleinement représentative lorsque les femmes demeurent insuffisamment présentes dans les espaces où se prennent les décisions qui engagent l’avenir de la nation. Partout dans le monde, les nations qui progressent sont celles qui ont compris qu’on ne bâtit pas un pays en mettant de côté plus de la moitié de sa population », a-t-elle affirmé. Avant de conclure : « La question du leadership féminin ne doit plus être perçue comme une simple revendication sociale. Elle constitue aujourd’hui un enjeu majeur de gouvernance, de stabilité et de développement. »

 

Djiba Diakité, ministre chef de cabinet de la présidence, a lui aussi affiché un engagement sans ambiguïté. « Je crois au leadership féminin. Ce n’est pas juste des revendications, c’est avoir une approche pragmatique. Pour faire mille pas, il faut commencer par un premier pas. Et aujourd’hui en est un premier pas qui n’est pas le moindre », a-t-il déclaré.

 

Amara Camara, secrétaire général de la présidence, a complété ce soutien institutionnel : « Nous ne pourrions pas avoir le développement de la Guinée sans que la Guinéenne soit au cœur. »

À huit jours du scrutin du 31 mai, le lancement d’Elles’Coaching Spéciales élections rappelle une évidence trop souvent oubliée : former et accompagner les femmes candidates n’est pas un acte militant, c’est un investissement démocratique. Ce que ces femmes apprendront dans les prochains jours, elles le porteront bien au-delà du 31 mai.

 

Ismael Sam, pour Laguinee.info

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