C’est un coup de tonnerre politique. Le président sénégalais Bassirou Diomaye Diakhar Faye a mis fin ce vendredi 22 mai 2026 aux fonctions du Premier ministre Ousmane Sonko. Une rupture brutale au sommet de l’État entre deux hommes qui avaient fait de leur tandem la pierre angulaire d’un projet politique commun porté au pouvoir en mars 2024. Sonko a réagi en quelques mots sur Facebook, et ce qu’il n’a pas dit en dit peut-être plus que ce qu’il a dit.
Ils avaient tout construit ensemble. Et c’est Diomaye qui vient de tout faire éclater.
La fin d’un tandem historique
Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye incarnaient l’une des associations politiques les plus singulières de l’histoire récente de l’Afrique de l’Ouest. L’un emprisonné au moment de la présidentielle de mars 2024, l’autre, son dauphin désigné, remportant l’élection dès le premier tour avec plus de 54 % des voix. Une victoire collective, un pouvoir partagé, une promesse de rupture avec l’ancien régime.
Moins de deux ans après cette élection historique, le président Faye met fin aux fonctions de celui qui était non seulement son Premier ministre, mais aussi le leader du parti Pastef et l’architecte idéologique de tout le projet politique au pouvoir à Dakar.
Sonko répond en trois mots et une adresse
La réaction de l’ex-Premier ministre ne s’est pas fait attendre. Sur son compte Facebook, Ousmane Sonko a posté un message aussi bref qu’éloquent : « Alhamdoulillah. Ce soir je dormirai le cœur léger à la cité Keur Gorgui. »
Trois éléments dans cette phrase. Une formule de gratitude islamique qui dit l’acceptation sereine. Un coeur « léger », l’exact contraire de ce que l’on attendrait d’un homme brutalement évincé. Et une adresse, Keur Gorgui, sa résidence personnelle, par opposition au palais de la primature qu’il quitte. Comme pour dire : je rentre chez moi, et j’en suis soulagé.
Ce message, volontairement dépouillé, laisse ouvertes toutes les interprétations. Soulagement sincère d’un homme épuisé par l’exercice du pouvoir ? Mise en scène calculée pour préserver son image auprès de ses partisans ? Signal adressé à ceux qui liront entre les lignes ? Sonko, en politique comme en communication, ne fait jamais rien par accident.
Un séisme aux contours encore flous
Les raisons officielles de cette révocation n’ont pas encore été rendues publiques à l’heure où ces lignes sont écrites. Aucune communication du palais de la République ne précise ce qui a conduit Bassirou Diomaye Faye à prendre une décision aussi radicale qu’inattendue. Les tensions sous-jacentes, les désaccords de gouvernance éventuels et les calculs politiques qui ont précédé ce choix restent à documenter dans les heures et les jours à venir.
Ce qui est certain, c’est que cette décision redistribue toutes les cartes de l’échiquier politique sénégalais, à moins d’un an des prochaines échéances électorales.
La suite sera déterminante. Qui sera nommé pour succéder à Ousmane Sonko à la primature ? Comment Pastef et ses millions de militants vont-ils réagir à l’éviction de leur leader ? Et surtout : cette rupture marque-t-elle la fin d’un projet politique commun ou le début d’une recomposition profonde du paysage sénégalais ? Ce soir, Sonko dort à Keur Gorgui le coeur léger. Demain, le Sénégal se réveillera avec beaucoup de questions.
Laguinee.info





