À la veille de la passation de pouvoir prévue ce dimanche 24 mai 2026, le président sortant du Bénin, Patrice Talon, a adressé un message d’adieu à ses compatriotes. Après dix ans à la tête de l’État, il cède le pouvoir à Romuald Wadagni, son successeur élu, dans un discours empreint de gratitude, de fierté et d’une certaine émotion contenue.
Un bilan assumé, une fierté partagée
Dix ans. Et un dernier mot, avant de passer le flambeau. Patrice Talon n’a pas cherché à dresser un inventaire exhaustif de ses années au pouvoir. Il a préféré parler d’un chemin parcouru ensemble: « exigeant », « parsemé d’embûches », mais porteur de résultats que le monde, dit-il, ne manque pas de saluer:
« Nous avons fait du chemin. Nos efforts et sacrifices portent peu à peu des fruits. Cela est à notre actif à tous, Béninoises et Béninois des villes, des campagnes et même de la diaspora, jeunes et moins jeunes », a-t-il écrit, associant l’ensemble du peuple béninois à ce qu’il qualifie de « belle aventure ».
Sa gratitude, il la dit « sans borne ». « Avoir été le Chef d’équipe de cette belle aventure, avoir été au service de notre pays fut un sacré honneur pour moi », confie-t-il, dans un ton rare chez un chef d’État africain en fin de mandat, celui de l’humilité sincère.
Un hommage à sa femme, discret mais fort
Dans ce message d’adieu, Patrice Talon a tenu à nommer publiquement celle qui l’a accompagné dans l’ombre. « Je me fais le devoir de saluer le rôle combien efficace d’une grande dame qui a su m’accompagner avec affection et patience et dont le coaching m’aura été d’un grand apport. Je veux nommer Madame Claudine Gbénagnon Kpoviessi épouse Talon que je remercie de tout mon cœur. »
Une reconnaissance publique, sobre mais sincère, envers une femme que le devant de la scène n’a jamais beaucoup exposée, et que son mari choisit de mettre en lumière précisément au moment où il quitte celle-ci.
Un passage de flambeau confiant
Ce dimanche 24 mai, Romuald Wadagni prêtera serment et entrera formellement dans ses fonctions. Patrice Talon lui a adressé ses vœux de « grande réussite » avant de formuler une conviction : sous le magistère de son successeur, le Bénin « fera encore de grands pas vers l’accomplissement de son dessein, celui d’être une grande Nation ».
Et d’appeler ses compatriotes à se mobiliser autour du nouveau président, « dans l’intérêt supérieur du Bénin, pour conquérir des pans entiers de progrès qui génèrent bien-être, fierté et prospérité à toutes et à tous ».
Ce discours d’adieu de Patrice Talon restera comme celui d’un homme qui choisit de partir sur une note de confiance plutôt que de regrets. Dix ans au pouvoir, une alternance démocratique assumée, et un passage de relais qui, au-delà des bilans et des controverses, dit quelque chose d’essentiel sur la maturité politique d’un pays qui avance.
Laguinee.info





