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BCRG: le syndicat sonne l’alarme «gouvernance toxique, intimidation et mépris du personnel »

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Le climat social à la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) est plus que délétère. Dans une série de courriers cinglants adressés au Gouverneur, la Délégation Syndicale dénonce sans ambages une gestion autoritaire, des engagements piétinés et une tentative d’intimidation des travailleurs. La goutte d’eau qui fait déborder le vase ? Une circulaire jugée « méprisante ». La riposte syndicale est à la hauteur du mépris affiché : tenue rouge obligatoire à partir du 18 mai, et assemblée générale le 22 mai.

Un protocole d’accord piétiné, une gouvernance en faillite

Dans une lettre incendiaire adressée au Gouverneur (N° 027 /BCRG/DS/AY/2026), le secrétaire général Lanfia II TOURÉ constate l’impuissance chronique de l’institution à honorer ses propres engagements. Signé le 22 juillet 2025, le protocole d’accord est devenu une coquille vide. Les travailleurs dénoncent :

· L’abandon pur et simple des évacuations sanitaires à l’étranger ;

· L’absence criminelle de visites médicales systématiques ;

· Des cantines promises mais jamais ouvertes ;

· Un fonds de solidarité d’urgence inexistant ;

· Des intérimaires maintenus dans une précarité indigne ;

· Des décisions sociales imposées sans aucun dialogue syndical.

Le syndicat est formel : ce mépris répété alimente « frustrations, incompréhensions et tensions sociales ». Faute de réponses immédiates, la Délégation menace clairement d’employer tous les moyens légaux pour se faire entendre.

Circulaire intimidatoire: « un déni de la réalité»

Le second courrier (N° 02/6 /BCRG/DS/AY/2026) ne ménage pas la hiérarchie. La note circulaire N°136/DGASJ/DRH/SAP/CIRC/2026 du 30 avril dernier, censée rappeler les règles de ponctualité, est qualifiée de « tentative inacceptable d’intimidation » et de « diversion grossière ».

Pourquoi ? Parce qu’elle fait porter aux seuls agents la responsabilité d’un dysfonctionnement profondément managérial. Le syndicat étrille sans retenue :

· Une centralisation maladive du pouvoir entre les mains du Gouverneur et de son assistant, violant la décision sur les pouvoirs de signature ;

· Une paralysie administrative totale : les cadres sont réduits à l’état de « figurants », privés de toute capacité d’agir ;

· Un sous-effectif chronique, avec des charges de travail « insoutenables », sans formation, sans primes, sans reconnaissance ;

· Une absence flagrante de vision stratégique depuis des années, remplacée par une « gestion à vue » faite d’improvisations et de décisions unilatérales.

« Exiger du rendement dans ces conditions relève d’une incohérence manifeste, voire d’un déni de réalité », assène la Délégation Syndicale.

Cinq exigences fermes pour sortir de la crise

Face à ce qu’elle n’hésite pas à nommer une gouvernance défaillante, la Délégation Syndicale ne fait plus de cadeaux. Elle exige :

1. La fin immédiate des pratiques de pression (contrôles physiques redondants alors que la biométrie existe) et l’octroi de primes aux agents les plus dévoués.

2. La décentralisation effective de la gestion administrative et financière, avec application stricte des textes sur les pouvoirs de signature.

3. Le recentrage du Gouverneur sur ses missions stratégiques, et le cantonnement de son assistant à la seule gestion de l’agenda.

4. Un audit des charges de travail et des recrutements massifs pour mettre fin au sous-effectif honteux.

5. La préservation de la quiétude sociale sans mesure unilatérale, dans un contexte déjà fragile marqué par la crise de liquidité.

Le message est clair : plus rien ne sera accepté sans changement profond.

Tenue rouge et assemblée générale : la riposte symbolique

Dans un communiqué séparé (N° 005 BCRG/DS/AY/2026), la Délégation Syndicale ordonne une mesure de rétorsion symbolique mais puissante : à compter du lundi 18 mai 2026, tous les travailleurs et travailleuses devront porter une tenue rouge jusqu’à nouvel ordre, en signe « d’unité, de solidarité et de mobilisation ».

Par ailleurs, une assemblée générale d’information et de concertation est convoquée le vendredi 22 mai 2026, de 09h00 à 10h30, au siège de la BCRG et dans toutes les agences intérieures.

La consigne syndicale est impérative : « La présence et l’implication de chacune et de chacun sont vivement souhaitées afin de préserver ensemble les intérêts matériels et moraux du personnel. »

Le communiqué se termine par une formule devenue un cri de guerre : « Ensemble, unis, nous vaincrons ! »

À l’heure où ces lignes sont écrites, le Gouverneur de la BCRG n’a toujours pas réagi officiellement aux interpellations graves et détaillées du syndicat.

Les prochains jours , les couloirs de la BCRG pourraient virer au rouge. Un rouge de colère, mais aussi d’espoir. À moins qu’un dialogue d’urgence ne s’engage… s’il est encore temps.

 

Laguinee.info

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