La justice nigériane a condamné l’ancien ministre de l’Énergie, Saleh Mamman, à 75 ans de prison pour détournement de fonds publics et blanchiment d’argent dans le cadre de projets hydroélectriques.
Le verdict a été rendu par la Haute Cour fédérale d’Abuja, à l’issue d’une procédure engagée par la Commission nigériane des crimes économiques et financiers (EFCC), l’agence chargée de la lutte contre la corruption.
Près de 24,6 millions de dollars blanchis selon l’EFCC
Selon les conclusions de l’EFCC, l’ancien ministre a été reconnu coupable d’avoir participé au blanchiment d’environ 33,8 milliards de nairas, soit près de 24,6 millions de dollars. Les fonds seraient liés à des projets dans le secteur hydroélectrique.
Saleh Mamman a été condamné par contumace. Il devient ainsi le premier ancien membre du gouvernement de Muhammadu Buhari à être formellement emprisonné dans une affaire de corruption de cette ampleur.
Une décision dans un climat de lutte contre la corruption
Cette condamnation intervient dans un contexte où les autorités nigérianes multiplient les procédures judiciaires visant d’anciens hauts responsables publics. Plusieurs ex-membres du gouvernement Buhari font actuellement face à des poursuites, notamment dans des affaires de fraude financière et de mauvaise gestion de fonds publics.
Parmi eux figurent un ancien ministre de la Justice, un ex-gouverneur de la Banque centrale et un ancien ministre du Travail, également visés par des enquêtes de l’EFCC.
Un contexte de crise énergétique persistante
L’affaire survient alors que le Nigeria, première économie d’Afrique et principal producteur de pétrole du continent, fait face à une crise énergétique chronique. Malgré son potentiel, le pays souffre de coupures d’électricité fréquentes, liées à des infrastructures vieillissantes et une production insuffisante.
Selon les données de la Banque mondiale, plus de 40 % de la population nigériane n’a toujours pas accès à l’électricité, un chiffre qui illustre l’ampleur des défis structurels du secteur.
Cette condamnation relance ainsi le débat sur la gestion des ressources publiques et l’efficacité des politiques énergétiques dans le pays le plus peuplé d’Afrique.
Laguinee.info





