Lors d’une conférence de presse tenue à Conakry, le président du Front Démocratique de Guinée, Abdoulaye Yéro Baldé, a dénoncé plusieurs dysfonctionnements dans la gestion des candidatures aux élections législatives et communales du 31 mai 2026. Le parti évoque des rejets non notifiés, des documents antidatés, des cautions non concertées et des questions d’éligibilité. Il se réserve le droit de se retirer du processus si aucune solution satisfaisante n’est apportée.
La tension monte à moins d’un mois du double scrutin. À l’approche des élections législatives et communales du 31 mai 2026, le Front Démocratique de Guinée (FRONDEG) a pris la parole pour dénoncer ce qu’il qualifie de dysfonctionnements structurels dans l’organisation du processus électoral en cours. Lors d’une conférence de presse tenue à Conakry, son président, Abdoulaye Yéro Baldé, a détaillé plusieurs griefs, tout en appelant ses militants au calme et en privilégiant les voies légales.
Des candidatures rejetées sans notification
Premier grief soulevé : le rejet de toutes les candidatures que le parti affirme avoir régulièrement déposées dans plusieurs localités: Tombolia, Sanoyah, Manéah, Matam, Ratoma, Kouriah, Lambanyi, ainsi que dans les régions de Kankan, Siguiri, Kintinian, Boké, Sangaredi et Tamita dans la préfecture de Boffa. À la publication des listes provisoires, aucune de ces candidatures n’a été retenue.
Le FRONDEG estime que cette situation viole l’article 242 du Code électoral, qui impose que tout rejet de candidature soit motivé et notifié dans un délai de dix jours à compter du dépôt du dossier. Selon le parti, aucune notification formelle ni motivation officielle n’aurait été transmise aux candidats concernés dans les délais légaux.
Des documents antidatés pour justifier les rejets
Le parti va plus loin et évoque des soupçons de remise de documents antidatés par certains agents de l’administration électorale, une pratique qu’il qualifie de tentative de régularisation a posteriori de décisions déjà prises. Une accusation grave, qui n’a pas encore été confirmée ni infirmée par les autorités électorales.
Par ailleurs, l’absence de notification régulière des décisions de rejet aurait pour effet de compliquer l’exercice du droit de recours dans les délais légaux, privant ainsi les candidats concernés d’une voie de contestation effective.
Des cautions jugées non concertées
Le FRONDEG soulève également la question des conditions financières d’accès au scrutin. Il estime que la fixation des cautions électorales serait contraire aux articles 275 et 276 du Code électoral, en raison d’une absence de concertation préalable. Dans certaines circonscriptions, des représentants du parti affirment en outre avoir rencontré des difficultés pour procéder au paiement de ces cautions auprès des services du Trésor public, en raison de délais jugés expirés.
Une question d’éligibilité soulevée
Autre point évoqué lors de la conférence de presse : la question de l’éligibilité du président du Conseil National de la Transition en tant que candidat. Le FRONDEG estime que cette participation pourrait soulever des interrogations au regard des dispositions de l’article 157 du Code électoral, qui encadre les règles d’inéligibilité, en l’absence de démission préalable.
Un retrait possible si aucune solution n’est apportée
Dans sa conclusion, Abdoulaye Yéro Baldé indique que le FRONDEG se réserve le droit de tirer toutes les conséquences politiques si aucune réponse satisfaisante n’est apportée à ces préoccupations, y compris la possibilité d’un retrait du processus électoral en cours.
Tout en maintenant ces réserves, le président du parti appelle ses militants au calme, à la discipline et au respect des institutions, réaffirmant l’engagement de sa formation en faveur d’un processus démocratique apaisé et de la poursuite des démarches par les voies légales et pacifiques.
La Direction générale des Élections et les autorités compétentes n’avaient pas encore réagi publiquement à ces accusations à l’heure de notre bouclage.
Laguinee.info







