L’ancien ministre des Finances, candidat de la majorité présidentielle, succédera à Patrice Talon selon les résultats provisoires de la CENA, portant à 90 % les bulletins dépouillés. Son seul adversaire, Paul Hounkpè, a reconnu sa défaite avant même la proclamation officielle.
Le Bénin connaît une transition politique ordonnée. Romuald Wadagni, figure centrale de la politique économique béninoise sous la présidence sortante de Patrice Talon, s’apprête à prendre les rênes du pays après une victoire électorale sans équivoque dimanche.
La Commission électorale nationale indépendante (CENA) a annoncé ces résultats provisoires sur la base de 90 % des bulletins dépouillés, précisant que « l’issue du scrutin est mathématiquement irréversible ». L’autorité électorale a par ailleurs souligné que le vote s’est déroulé dans des conditions globalement apaisées sur l’ensemble du territoire.
Son unique adversaire, Paul Hounkpè, qualifié d’opposant modéré, a reconnu sa défaite avant même la proclamation officielle des résultats, adressant ses « félicitations républicaines » au vainqueur dans un geste salué comme un signe de maturité démocratique par plusieurs observateurs.
Une mobilisation inégale sur le territoire
Selon les informations, le taux de participation, estimé à 58,75 %, révèle des disparités géographiques notables. La mobilisation s’est avérée plus forte en zone rurale qu’à Cotonou et Porto-Novo, les deux principales agglomérations du pays, où plusieurs bureaux de vote ont enregistré une faible affluence.
Ces chiffres alimentent un débat sur la représentativité du scrutin. Certains observateurs évoquent des irrégularités supposées, notamment des soupçons de bourrages d’urnes et des bureaux de vote jugés peu représentatifs. Ces allégations n’avaient pas encore fait l’objet d’une réponse officielle au moment de la publication de cet article.
La CEDEAO salue un scrutin apaisé
La mission électorale de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a adopté un ton globalement positif, saluant « un climat de paix » et une « bonne organisation du scrutin ». Cette appréciation contraste avec les réserves formulées par une partie de la société civile locale.
La fin de l’ère Talon, une page tournée
Cette élection consacre la fin des deux mandats de Patrice Talon, constitutionnellement limités. Son bilan est sujet à des appréciations divergentes : une croissance économique notable figure parmi les acquis cités par ses partisans, tandis que des défis sécuritaires persistants dans le nord du pays et des critiques portant sur les libertés publiques ont régulièrement marqué son gouvernement.
Les défis du prochain quinquennat
Le président élu est désormais attendu sur plusieurs fronts. La lutte contre la pauvreté, estimée à environ 30 % de la population, constituera l’un des enjeux centraux de son mandat. La consolidation des acquis économiques et la gestion de la menace sécuritaire dans les régions septentrionales, exposées aux incursions en provenance du Burkina Faso et du Niger, figureront également parmi les priorités.
La Cour constitutionnelle doit encore proclamer les résultats définitifs, ultime étape formelle avant l’investiture officielle du nouveau président.
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