spot_img
spot_img
spot_imgspot_imgspot_imgspot_img
spot_img

Kindia : un jeune agriculteur diplômé perd des années de travail dans un incendie dévastateur à Koliagbé

spot_imgspot_imgspot_img

À LIRE AUSSI

Le 2 avril 2026, le champ d’Aboubacar Camara, jeune agriculteur installé dans le district de Koliagbé, sous-préfecture de Friguiagbé près de Kindia, a été entièrement ravagé par un incendie d’origine inconnue. Des hectares de plantations soigneusement cultivées depuis 2011 ont disparu en quelques heures, laissant cet ancien étudiant sans ressources face à un avenir incertain.

Il était en ville quand tout a brûlé. Ce mercredi 2 avril, aux environs de 15 heures, Aboubacar Camara reçoit un appel qu’il n’oubliera jamais. Un ami au bout du fil, une voix alarmée : son champ est en feu. « J’ai travaillé le matin comme d’habitude avant de me rendre en ville. C’est un ami qui m’a appelé pour m’informer que mon champ était en feu. Quand je suis arrivé sur les lieux, il ne restait plus rien. Tout était déjà parti en fumée », raconte-t-il, visiblement marqué par l’émotion.

Un paysage de désolation

Les images prises sur place témoignent de l’ampleur du désastre. Là où s’étendaient des plantations verdoyantes et soigneusement entretenues, il ne reste désormais qu’un vaste tapis de cendres grises et noires. Les arbres, carbonisés jusqu’à la base, dressent leurs troncs noircis sur un sol calciné où plus rien ne pousse. Les racines elles-mêmes ont brûlé, creusant de petits cratères dans la terre consumée.

Plus loin, ce qui était autrefois un espace de culture structuré, des rangées de bananiers, de papayers, d’ananas, n’est plus qu’un champ de ruines brunes et noires. Les jeunes pousses, desséchées et tordues par la chaleur, pendent tristement sur leurs tiges calcinées. Le sol, recouvert d’une couche épaisse de suie, témoigne de la violence et de la rapidité avec laquelle les flammes ont tout consumé. Pas un plant n’a été épargné.

Un diplômé qui avait choisi la terre

Derrière ce champ détruit, il y a le parcours d’un homme. Titulaire d’une licence obtenue à Conakry, Aboubacar Camara aurait pu chercher un emploi en ville. Mais face au manque d’opportunités en milieu urbain, il a fait un choix courageux : rentrer dans sa localité d’origine et se lancer dans l’agriculture. Depuis 2011, cette exploitation constituait sa principale source de revenus et lui permettait de subvenir aux besoins de sa famille.

Spécialisé dans la culture du piment, de la papaye, de la banane et de l’ananas, il avait progressivement développé son domaine agricole, situé le long de la route nationale n°1, à quelques kilomètres du centre urbain de Kindia. Quinze ans de labeur. Réduits en cendres en quelques heures.

« Chaque saison sèche, nous travaillons dans la peur »

Au-delà de la douleur immédiate, le jeune agriculteur pointe un problème structurel qui menace l’ensemble des exploitants de la zone. Les incendies en saison sèche sont récurrents. Et les agriculteurs y sont exposés sans aucune protection.

« Ce qui me fatigue le plus, ce sont les incendies. Chaque saison sèche, nous travaillons dans la peur. L’environnement n’est pas sécurisé et nous sommes exposés à tout moment », confie-t-il avec lassitude.

Les causes exactes de l’incendie restent à ce jour inconnues. Mais le résultat, lui, est sans appel : les plantations de piments, d’aubergines, de tomates et d’ananas ont été entièrement détruites, compromettant toute perspective de récolte pour les mois à venir.

Un appel silencieux à l’aide

Aboubacar Camara se retrouve aujourd’hui sans ressources immédiates pour relancer son activité. Son histoire n’est pas isolée. Elle illustre la situation de nombreux jeunes agriculteurs guinéens, souvent livrés à eux-mêmes face aux risques naturels, sans filet de sécurité ni mécanisme d’accompagnement en cas de catastrophe.

La question de la sécurisation des exploitations agricoles et du soutien aux jeunes entrepreneurs ruraux reste entière. En attendant une réponse, Aboubacar Camara contemple son champ calciné et cherche comment repartir de zéro.

 

Joël Francis Kolié, pour Laguinee.info

- Advertisement -
spot_img
spot_img
spot_img

ECHO DE NOS RÉGIONS