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Mort dans un motel à Dixinn: le juriste Kalil Camara tire la sonnette d’alarme sur les droits du défunt et le secret de l’enquête

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Après la diffusion médiatique de la mort d’un homme de 55 ans dans une chambre d’hôtel à Dixinn, le juriste Kalil Camara a réagi publiquement. Il rappelle trois principes essentiels : le défunt garde sa dignité même dans la mort, sa vie privée doit être respectée, et les détails d’une enquête en cours ne peuvent pas être rendus publics.

Une mort. Des caméras. Des révélations. Et un juriste qui dit stop.

Après la publication d’informations sur le décès d’un homme retrouvé nu dans une chambre d’hôtel à Dixinn ce dimanche, le juriste Kalil Camara a jugé nécessaire de prendre la parole. Son analyse est claire et s’adresse autant aux médias qu’au grand public.

Mourir dans un hôtel ne fait pas perdre sa dignité

Premier point. Peu importe où une personne décède, elle conserve sa dignité. C’est la Constitution qui le garantit. « Conformément à la constitution, l’être humain et sa dignité sont sacrés. La mort dans un motel ne fait pas perdre cette dignité. Le défunt a droit à une fin digne qui s’oppose à ce qu’il soit exposé à des tiers, parce que décédé dans un motel », rappelle fermement Kalil Camara.

En clair, le fait qu’un homme soit mort dans un hôtel ne donne à personne le droit de l’exposer publiquement ou de raconter les circonstances intimes de sa mort.

La compagne n’a pas à être exposée non plus

Deuxième point : la femme qui se trouvait avec la victime. Même si elle a pris la fuite, le juriste est catégorique. « En vertu de la constitution, chacun a droit au respect de sa vie privée. Ce respect s’oppose à ce que l’identité ou la relation amoureuse d’une personne soit révélée à des tiers, sans son consentement », explique-t-il.

Si la mort n’est pas criminelle, rechercher publiquement cette femme et révéler sa relation avec le défunt constitue donc une violation de ses droits fondamentaux.

Et si la mort est suspecte ? L’enquête reste secrète

Troisième point, peut-être le plus important. Si la mort s’avère suspecte, une règle s’impose immédiatement : le secret de l’enquête. « La procédure suivie au cours de l’enquête est secrète. Les enquêteurs sont tenus à ce secret dont la violation est condamnée par le code pénal », précise le juriste, citant explicitement l’article 8 du Code de procédure pénale et l’article 367 du Code pénal.

Conséquence directe pour les médias : « La divulgation des actes provenant de l’enquête ou l’accès par des médias au lieu du crime pour le filmage et la prise d’image viole le secret de l’enquête », avertit Kalil Camara.

Les journalistes aussi peuvent être poursuivis

Le juriste va plus loin et s’appuie sur la jurisprudence de la Cour de cassation. Celle-ci « annule des actes pour violation du secret de l’enquête lorsque des tiers, par exemple des journalistes, y ont eu accès ou y ont pris part, même avec l’autorisation des autorités publiques », cite-t-il, en référence aux arrêts Crim. 19 juin 1995 et Crim. 10 janvier 2017.

Et même sans accès direct aux lieux, un journaliste qui publie des informations issues d’une enquête en cours s’expose. « La Cour de cassation admet la condamnation pour recel de violation du secret de l’enquête des journalistes révélant des informations provenant d’enquêtes judiciaires », conclut le juriste.

Un rappel utile, dans un contexte où la frontière entre informer et violer la loi peut être franchie rapidement, souvent sans en avoir conscience.

L’enquête sur les circonstances exactes de ce décès est toujours en cours.

 

Laguinee.info

 

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