Dans sa Déclaration de Politique Générale présentée devant le Conseil National de la Transition, le Premier ministre Bah Oury a détaillé un programme infrastructurel et technologique d’envergure. Routes, autoroutes, lignes ferroviaires, énergie et connectivité numérique : l’ambition affichée est de remodeler durablement le territoire guinéen d’ici 2040.
2 900 kilomètres d’autoroutes. 2 500 kilomètres de lignes ferroviaires. 5 500 kilomètres de routes d’ici 2030. Les chiffres égrénés par Bah Oury devant le CNT dessinent une Guinée profondément transformée dans sa géographie économique.
Le volet infrastructurel du Programme Simandou 2040 constitue l’un des piliers les plus concrets de la Déclaration de Politique Générale présentée par le Premier ministre. Derrière les chiffres, une ambition clairement formulée : désenclaver les territoires, connecter les bassins de production, fluidifier les échanges et donner à la Guinée une nouvelle géographie économique.
52 mégaprojets et 100 milliards de dollars mobilisés
Dans le domaine des infrastructures, des transports et des technologies, l’action gouvernementale s’appuie sur 52 mégaprojets et 10 réformes, pour un volume d’investissements de 100 milliards de dollars. C’est le secteur le mieux doté de tout le programme, ce qui témoigne de la priorité accordée par Bah Oury au maillage territorial du pays.
La première étape prévoit la réalisation de 2 900 kilomètres d’autoroutes et de 2 500 kilomètres de lignes ferroviaires. Dans un second temps, le gouvernement s’engage à relier chaque capitale régionale à ses capitales préfectorales par des infrastructures routières modernes, avant de développer un réseau de dessertes locales reliant les chefs-lieux administratifs aux sous-préfectures. Au total, 5 500 kilomètres de routes supplémentaires sont prévus d’ici 2030.
Le nord du pays, nouveau pôle logistique et industriel
Parmi les projets phares figure le corridor Boké-Dobali, présenté comme un levier stratégique de développement du nord du pays. Ce projet vise à créer un nouveau pôle logistique et industriel articulé autour d’un port en eau profonde, d’un corridor ferroviaire moderne et d’une zone économique intégrée dédiée à la transformation locale des ressources.
L’objectif est double : désenclaver durablement les régions du nord, riches en potentiel minier, agricole et industriel, et corriger les déséquilibres territoriaux qui concentrent aujourd’hui l’essentiel de l’activité économique autour de Conakry. En structurant un second axe de développement en complément du corridor sud porté par Simandou, la Guinée entend se doter d’une vision cohérente d’occupation de son espace.
Le numérique : 12 000 kilomètres de fibre optique déjà déployés
Sur le plan technologique, Bah Oury a présenté des acquis déjà tangibles. Plus de 12 000 kilomètres de fibre optique ont été déployés sur le territoire national. Le rapatriement du nom de domaine national (.gn), la mise en service du datacenter national de classe Tier III et le relèvement de la couverture numérique à 95 % d’ici 2040 sont présentés comme des étapes importantes vers la souveraineté numérique de la Guinée.
Le Premier ministre a également évoqué l’organisation du Transform Africa Summit en novembre dernier, qui a placé la Guinée au cœur des discussions sur l’Intelligence Artificielle au niveau sous-régional et continental. La digitalisation des services publics et la transformation numérique de l’administration ont par ailleurs permis au pays d’enregistrer un bond de 23 places sur l’indice de développement des Nations Unies sur la gouvernance électronique, passant de la 183e position en 2020 à la 160e en 2025.
L’énergie : cap sur les renouvelables
Dans le secteur énergétique, plus de 300 localités rurales ont déjà été raccordées. Plusieurs projets hydroélectriques, thermiques et d’interconnexion régionale ont été engagés. Mais Bah Oury a reconnu les vulnérabilités structurelles liées à la dépendance aux importations d’hydrocarbures. Pour y remédier, le gouvernement entend orienter résolument sa politique vers la maîtrise durable des coûts énergétiques, en accélérant notamment le développement des énergies renouvelables, en particulier le solaire, afin de réduire la pression sur les finances publiques et d’offrir aux territoires des solutions énergétiques décentralisées, accessibles et durables.
Le programme infrastructurel présenté par Bah Oury est sans précédent dans son ampleur. Sa réalisation effective, dans les délais et volumes annoncés, constituera le véritable test de cette ambition de transformation territoriale que le gouvernement place au cœur de son action pour les quinze prochaines années.
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