À l’approche du scrutin du 12 avril 2026, le principal parti d’opposition béninois annonce qu’il ne soutiendra aucun candidat. Une décision prise après des débats internes marqués par des divergences.
Ni alliance, ni consigne de vote.
À Cotonou, le conseil national du parti Les Démocrates s’est achevé dans la nuit de dimanche à lundi sur une décision claire : aucune consigne de vote ne sera donnée pour la présidentielle à venir. Le parti justifie ce choix par « la conjoncture politique et les conditions d’organisation » de l’élection.
Selon Africanews.com, privé de candidature, faute de parrainages suffisants, le parti se retrouve en dehors de la compétition. Le scrutin oppose désormais Romuald Wadagni, ministre des Finances et proche du président Patrice Talon, à Paul Hounkpè, candidat des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE).
Des discussions internes sous tension
La décision n’a pas été immédiate. Au sein du parti, les échanges ont été décrits comme longs et parfois tendus. Plusieurs options ont été examinées.
Un rapprochement avec les FCBE a été rapidement écarté, en raison de la rupture intervenue en 2020 entre Boni Yayi et cette formation. L’hypothèse d’un soutien au camp présidentiel a, en revanche, divisé davantage.
Certains cadres y voyaient une possibilité de repositionnement politique, dans un contexte marqué par l’absence de représentation du parti au Parlement. Cette ligne n’a finalement pas été retenue par la majorité.
Un appel à un pouvoir inclusif
Dans sa résolution, le parti invite le futur chef de l’État à gouverner dans un esprit inclusif. L’objectif, selon le texte adopté, est que chaque citoyen se sente « concerné, écouté et pleinement impliqué » dans la vie nationale.
Les Démocrates réaffirment également leur « ouverture permanente au dialogue dans un esprit républicain ».
Une recomposition en cours
Cette prise de position intervient alors que le parti traverse une phase de transition. Début mars, Boni Yayi a quitté la présidence pour des raisons de santé.
Nourénou Atchadé a été désigné pour assurer la direction du parti jusqu’au prochain congrès. Dans le même temps, Guy Mitokpè, chargé de la communication, a annoncé sa démission, évoquant sa volonté de se consacrer à « l’avenir du pays ».
Après la perte de ses 28 sièges à l’Assemblée nationale, le parti entend désormais se réorganiser. Son nouveau leadership évoque une refondation en profondeur pour préparer les prochaines échéances.
À quelques semaines du vote, l’absence de positionnement clair du principal parti d’opposition modifie les équilibres politiques et laisse ouverte la question de son rôle dans la suite du processus électoral.
Laguinee.info.







