À Boké, les principaux marchés de la commune urbaine: Hangar, Tamakènè et 400 Bâtiments, subissent de plein fouet la crise de liquidité. Entre rareté du cash et hausse du coût de la vie, commerçants et clients peinent à maintenir leurs activités à l’approche des périodes de forte consommation.

Dans les allées pourtant animées des marchés, les échanges se font rares. L’argent circule peu, et les transactions tournent au ralenti.
Dans la commune urbaine de Boké, la crise de liquidité affecte directement le fonctionnement des marchés. Hangar, Tamakènè et 400 Bâtiments, considérés comme les principaux pôles commerciaux de la ville, enregistrent une baisse des transactions malgré une présence visible de clients.

Au marché Hangar, Christine Sagno, commerçante, décrit une situation devenue inhabituelle :
« On a quelques clients, mais le problème, c’est l’argent. Ceux qui viennent pour acheter disent qu’ils n’ont pas de liquide, seulement des dépôts. Leurs maris sont payés par virement bancaire, et faire un retrait est très difficile. Le marché est très dur actuellement. »
La difficulté d’accès au liquide apparaît comme un obstacle majeur aux échanges. Les clients disposent d’argent sur leurs comptes, mais peinent à le transformer en espèces, ce qui limite leur capacité d’achat.

À ces contraintes s’ajoutent d’autres difficultés structurelles. Ousmane Yansané évoque notamment le manque d’espace dans les marchés :
« Cette année, Dieu merci, mais le seul problème, c’est qu’il n’y a pas assez d’espace. Nous sommes encombrés ici, notamment par les motards. »
Dans d’autres secteurs, comme celui de la vente de chaussures au marché de la phil-perie, les commerçants font le même constat. Bangaly Keïta souligne l’impact direct du manque de liquidité sur ses ventes :
« Il y a du mouvement, mais les clients se font rares. Tout cela est dû au manque de liquidité et aux difficultés liées à Orange Money. Les clients sont obligés de faire des dépôts sur nos comptes pour acheter. Sinon, on peut passer toute la journée sans vendre. L’État doit trouver une solution, car les activités économiques en dépendent. »

Face à cette situation, les autorités annoncent des mesures. Le mardi 17 mars 2026, lors d’une visite inopinée à la Primature en plein conseil interministériel, le président de la République a ordonné l’impression de nouveaux billets de banque.
Cette décision vise à réinjecter du cash dans le circuit économique afin de faciliter les transactions et soutenir les activités commerciales, fortement impactées par la rareté des espèces.
À Boké, en attendant les effets de ces mesures, commerçants et clients continuent de composer avec un quotidien marqué par des échanges ralentis et un accès limité à leur propre argent.
Amadou Oury Coumbassa, pour Laguinee.info







