Les autorités guinéennes ont engagé une double réponse sécuritaire et diplomatique face aux incidents signalés ces dernières semaines le long des frontières du pays avec la Sierra Leone, le Libéria, la Côte d’Ivoire et la Guinée-Bissau. Une réunion d’information s’est tenue samedi 14 mars à l’état-major général des Forces armées guinéennes, réunissant responsables militaires et représentants du ministère des Affaires étrangères.
Cette rencontre visait à faire le point sur les incursions signalées dans certaines zones frontalières et à rassembler des éléments techniques destinés à appuyer les démarches diplomatiques engagées par Conakry auprès des pays voisins.
Le chef d’état-major général des armées, le général Ibrahima Sory Bangoura, a indiqué que les forces de défense avaient été mobilisées pour fournir des données permettant d’évaluer précisément la situation sur le terrain.
« Nous sommes auprès du ministère des Affaires étrangères sur instruction du commandant en chef des forces armées. Il nous a demandé de mettre à sa disposition toutes les données techniques prouvant de manière suffisante l’invasion du territoire guinéen. Cela repose sur notre connaissance du terrain, sur tout ce que nous possédons, sur les souffrances endurées par nos soldats sur le terrain, ainsi que sur la configuration géographique de notre pays », a-t-il déclaré.
Ces informations doivent permettre aux autorités guinéennes de soutenir leurs démarches diplomatiques dans un contexte de tensions frontalières impliquant plusieurs pays de la sous-région.
Le ministre des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, a expliqué que des échanges directs avaient déjà eu lieu entre le président guinéen, le général Mamadi Doumbouya, et ses homologues du Libéria et de la Sierra Leone afin de contenir la situation.
« Nous avons évité le pire, car il y a eu des provocations de la part de ces pays frères. Mais le Président de la République, le chef de l’État, le Général Mamadi Doumbouya, a su jouer sur les deux tableaux », a-t-il affirmé.
Selon le chef de la diplomatie guinéenne, la position de Conakry combine fermeté territoriale et ouverture au dialogue. « Premièrement, il a déclaré que la Guinée ne laisserait personne occuper une seule parcelle de son territoire. Il a adopté une position ferme. Deuxièmement, il a ajouté être prêt, si l’autre partie partage cette position, à en discuter avec ses frères dans le cadre du panafricanisme », a précisé Morissanda Kouyaté.
Dans ce contexte, le président Mamadi Doumbouya a convoqué à Conakry un sommet de l’Union du fleuve Mano, organisation régionale qui regroupe la Guinée, la Sierra Leone, le Libéria et la Côte d’Ivoire, et dont la Guinée assure actuellement la présidence.
Selon les autorités guinéennes, cette rencontre doit permettre de privilégier la concertation entre les États membres et de prévenir toute escalade dans une région où les frontières héritées de la période coloniale restent parfois sources de tensions.
La zone du fleuve Mano, qui relie plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, constitue en effet un espace stratégique marqué par des échanges humains et économiques importants, mais aussi par des litiges frontaliers ponctuels nécessitant une coordination diplomatique régulière entre les États concernés.
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