La tension diplomatique monte d’un cran entre le Niger et l’Union européenne. Les autorités militaires nigériennes ont vivement réagi à la résolution adoptée par le Parlement européen appelant à la libération du président déchu Mohamed Bazoum, détenu depuis le coup d’État militaire de juillet 2023.
À Niamey, la réponse a été immédiate et sans détour. Les autorités dénoncent une intervention jugée inacceptable dans ce qu’elles considèrent comme une affaire relevant exclusivement de la souveraineté nationale. Dans ce climat de crispation, la chargée d’affaires de l’Union européenne au Niger, Nicoletta Avella, a été convoquée par les autorités militaires.
Au cours de cette convocation, une lettre officielle lui a été remise pour exprimer la réprobation des autorités nigériennes. Le texte condamne ce que Niamey qualifie d’« ingérence » de l’Union européenne dans les affaires intérieures du pays.
Le ton adopté par les autorités nigériennes se veut particulièrement ferme. Le gouvernement critique une « attitude paternaliste et condescendante » de l’Union européenne et rejette toute tentative d’imposer des orientations politiques depuis l’extérieur.
Dans leur message adressé à la représentation européenne, les autorités militaires ont insisté sur un point : le Niger « n’acceptera aucune directive, d’où qu’elle vienne ».
Cette réaction intervient après l’adoption, jeudi, d’une résolution du Parlement européen approuvée par 524 voix. Le texte demande la libération de Mohamed Bazoum et condamne la situation politique issue du coup d’État. Les eurodéputés dénoncent également ce qu’ils qualifient de répression visant certains acteurs politiques et de la société civile.
À Niamey, cette initiative est perçue comme une tentative de pression politique. Les autorités militaires rappellent que la résolution du Parlement européen n’a aucun caractère contraignant et qu’elle ne saurait dicter la conduite des institutions nigériennes.
Depuis la prise du pouvoir par les militaires en 2023, les relations entre le Niger et plusieurs partenaires occidentaux se sont nettement dégradées. Les nouvelles autorités multiplient les mises en garde contre ce qu’elles présentent comme des interventions extérieures dans les décisions politiques du pays.
La réaction ferme de Niamey face à la résolution européenne illustre ainsi une ligne désormais assumée par les autorités militaires : refuser toute pression internationale sur la gestion de la transition politique engagée après le renversement du président Bazoum.
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