Depuis plus de 3 mois, la guinée fait fa e à une crise de liquidité à travers tout le pays. Face aux difficultés persistantes d’accès aux liquidités signalées par de nombreux citoyens à travers le pays, le Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne (CNOSCG) tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué rendu public ce jeudi, l’organisation présidée par Ange Gabriel Haba appelle les autorités guinéennes à prendre des mesures urgentes afin de garantir un accès normal des citoyens à leurs ressources financières.
Depuis plusieurs semaines, des témoignages font état de tensions dans les retraits bancaires, de difficultés d’accès aux services financiers ainsi que de pratiques de surfacturation dans certains points de Mobile Money. Une situation qui, selon le CNOSCG, suscite de plus en plus d’inquiétudes au sein de la population.
« Le CNOSCG suit avec une vive préoccupation les difficultés croissantes et continues des citoyens dans l’accès aux liquidités, aussi bien au niveau des institutions bancaires que des systèmes de paiement électronique », souligne l’organisation dans son communiqué.
Ces préoccupations interviennent alors que le gouvernement guinéen encourage davantage les transactions numériques. Lors d’une récente intervention médiatique, le porte-parole du gouvernement a indiqué qu’il n’existerait pas de pénurie de liquidités dans les banques, invitant plutôt les citoyens à privilégier les paiements électroniques.
Le CNOSCG estime toutefois que cette transition nécessite des préalables importants.
« La mise en œuvre efficace d’une telle transition doit tenir compte des réalités socio-économiques nationales, du niveau d’accès aux services financiers numériques et des capacités technologiques existantes », rappelle l’organisation.
Entre les ligne de document, le président rappelle qu’en guinée une large part de la population évolue encore dans l’économie informelle, et l’accès aux services bancaires ou numériques reste limité dans plusieurs zones du pays.
Un appel à plus de transparence et de régulation
Dans ce contexte, le CNOSCG appelle la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) à renforcer son rôle de régulation et à communiquer davantage sur la situation réelle de la liquidité dans le système bancaire.
L’organisation recommande notamment :
la publication régulière d’informations transparentes sur la situation des liquidités ;
l’ouverture d’un cadre de concertation entre gouvernement, acteurs économiques et société civile ;
le renforcement des mécanismes de contrôle pour éviter les pratiques abusives dans les services financiers.
Le CNOSCG invite également les distributeurs et points de service Orange Money et Mobile Money à s’abstenir de toute surfacturation susceptible de fragiliser davantage les populations.
Risque de crise de confiance
Pour l’organisation de la société civile, la persistance de ces difficultés pourrait avoir des conséquences sur plusieurs secteurs, notamment les activités commerciales, les petites entreprises et l’économie informelle, qui dépendent fortement de la circulation de liquidités.
« L’accès des citoyens à leurs propres ressources financières constitue un droit légitime et un élément fondamental du fonctionnement normal de l’économie », insiste le CNOSCG.
L’organisation appelle les autorités à agir rapidement afin d’éviter une crise de confiance durable dans le système financier national.
« La confiance économique d’une nation ne se décrète pas : elle se construit chaque jour à travers la transparence, la responsabilité et la protection effective des citoyens », a déclaré le président du CNOSCG, Gabriel Haba.
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