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Justice : le parquet requiert l’abandon des charges dans le procès des responsables de l’hôpital Ignace Deen

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Le procès impliquant plusieurs responsables de l’hôpital national Ignace Deen a franchi une étape importante ce mercredi devant le tribunal de première instance de Kaloum. Après plusieurs mois de procédure, l’audience a été consacrée aux réquisitions du ministère public et aux plaidoiries des différentes parties.

Le professeur Mamadou Dadhi Baldé, directeur général de l’établissement, Oumar Yansané, agent comptable, et Samuel Koundoua Koumasadouno, directeur administratif et financier (DAF), comparaissent libres. Ils sont poursuivis pour des faits présumés de détournement de deniers publics à la suite d’une plainte déposée par l’Agence judiciaire de l’État (AJE).

Selon la partie civile, les trois responsables auraient détourné plus de 866 millions de francs guinéens, un montant qualifié de « non justifié ». Cette irrégularité avait été signalée en mai 2023 par une mission de l’Inspection générale de la Santé.

Les investigations menées par les inspecteurs portaient sur l’utilisation des crédits alloués à l’hôpital et la gestion des stocks de médicaments. Le contrôle s’est concentré sur quatre axes : la gestion du personnel contractuel, l’entretien et les réparations, l’achat de fournitures et de biens courants, ainsi que l’acquisition de produits pharmaceutiques.

Mais lors de l’audience, le représentant du ministère public, Biwon Millimono, a requis l’abandon pur et simple des charges contre les prévenus.

Selon le magistrat, la mission d’inspection aurait dépassé le cadre de son mandat initial.

« L’inspection est allée au-delà de son ordre de mission. Au lieu de se limiter aux fonds alloués par l’État, les inspecteurs ont procédé à un audit des recettes internes de l’hôpital. Nous estimons que l’infraction n’est pas constituée », a-t-il déclaré, demandant au tribunal de renvoyer les prévenus des fins de la poursuite.

L’Agence judiciaire de l’État a toutefois maintenu sa position. Son avocat, Me Amadou DS Bah, a estimé que la procédure a permis de révéler des dysfonctionnements dans la gestion administrative de l’établissement hospitalier.

Il a ainsi exhorté le tribunal à « tirer toutes les conséquences du droit » face aux défaillances relevées.

De son côté, la défense, menée notamment par Me Lancinet Sylla, a contesté les conclusions du rapport d’inspection. Les avocats des prévenus ont évoqué l’absence de preuves matérielles de détournement.

Selon eux, les équipements, fournitures et produits achetés dans le cadre des dépenses incriminées auraient été effectivement utilisés pour le fonctionnement de l’hôpital.

La défense a également dénoncé une procédure susceptible de porter atteinte à la réputation de responsables de l’administration hospitalière. S’appuyant sur l’article 447 du Code de procédure pénale, les avocats ont demandé au tribunal de constater un abus de constitution de partie civile.

Ils ont en outre sollicité la condamnation de l’État guinéen au paiement de 866 millions de francs guinéens à titre de réparation pour le préjudice subi par leurs clients.

Après avoir entendu les réquisitions du parquet, les arguments de la partie civile et les plaidoiries de la défense, le tribunal a déclaré les débats clos.

L’affaire a été mise en délibéré. Le jugement est attendu le 8 avril 2026

Situé à Kaloum, au centre de Conakry, l’hôpital national Ignace Deen est l’un des principaux établissements publics de santé de la capitale guinéenne et joue un rôle central dans la prise en charge des patients venus de plusieurs régions du pays.

Laguinee.info 

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