Un nouvel épisode symbolique s’est produit ce mardi 10 mars 2026 à la frontière entre la Guinée et le Liberia, dans la zone de Sorlumba, près du fleuve Makona. Selon le média libérien Voice of Lofa, des habitants du district de Foya ont hissé le drapeau du Liberia à proximité du poste frontalier après que des soldats guinéens eurent traversé le fleuve et installé le drapeau guinéen dans la zone plus tôt dans la matinée.
D’après les informations relayées par Voice of Lofa, des militaires guinéens auraient traversé tôt dans la matinée la rivière Makona, qui marque une partie de la frontière naturelle entre les deux pays, avant d’y hisser le drapeau guinéen.
En réaction, des habitants de la localité de Foya, située dans le comté de Lofa au nord du Liberia, ont à leur tour levé le drapeau libérien dans l’après-midi à proximité du même endroit. Le drapeau du Liberia a été installé près de celui de la Guinée au poste frontalier de Sorlumba, un geste présenté comme une manière pour les populations locales d’affirmer la présence et la souveraineté libérienne dans la zone.
Cet incident intervient dans un contexte de tensions récentes liées à un différend frontalier autour du fleuve Makona et des activités d’extraction de sable dans cette zone.
Le différend a débuté il y a plusieurs semaines lorsque la société BK Enterprise a lancé des opérations d’extraction de sable dans le fleuve Makona, près de la frontière entre les deux pays. Selon les autorités libériennes, des soldats guinéens armés auraient traversé le fleuve pour interrompre les travaux et saisir les équipements utilisés pour l’exploitation.
Les militaires guinéens auraient affirmé que le fleuve appartient à la Guinée et que toute activité minière dans cette zone doit obtenir l’autorisation des autorités guinéennes. Il a ensuite été confirmé que la suspension des opérations et la saisie des machines avaient été ordonnées par le préfet de Guéckédou, le général Kandia Mara.
Face à la montée des tensions, une délégation libérienne conduite par le ministre de l’Intérieur et ministre désigné de l’Administration locale, Francis Sakila Nyumalin, s’est rendue à la frontière pour évaluer la situation et participer à des discussions avec les autorités guinéennes.
Selon notre source, une réunion bilatérale s’est tenue le 8 mars 2026 à Guéckédou sous la présidence du ministre guinéen de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, le général Ibrahima Condé. Les deux parties ont évoqué les relations historiques entre les communautés frontalières et examiné la question de la délimitation du fleuve Makona.
Au cours des échanges, des notables guinéens ont affirmé que le fleuve appartient à la Guinée au motif qu’il prend sa source sur le territoire guinéen, évoquant un principe souvent discuté au sein de l’ancienne Organisation de l’Unité africaine concernant les frontières naturelles.
À l’issue de la rencontre, la délégation libérienne a accepté de déplacer le drapeau du Liberia qui avait été installé près de la rive vers son emplacement initial au poste de contrôle, dans le but de préserver le calme dans la zone.
Les autorités guinéennes ont également indiqué que la restitution des équipements saisis et la reprise éventuelle de l’extraction de sable dépendraient d’une évaluation technique menée par le ministère guinéen des Mines et de la Géologie.
Selon les autorités des deux pays, le dialogue a permis de rétablir le calme à la frontière de Sorlumba et le commerce transfrontalier a repris normalement.
Le nouvel épisode signalé ce mardi par le média libérien intervient donc dans un contexte encore sensible, où les questions de souveraineté territoriale et d’exploitation des ressources dans la zone du fleuve Makona restent au centre des discussions entre Conakry et Monrovia.
Laguinee.info







