spot_img
spot_img
spot_imgspot_imgspot_imgspot_img
spot_img

« Des congrès fabriqués et des campagnes de milliards » : Makanera règle ses comptes avec les partis politiques dissoutes

spot_imgspot_imgspot_img

À LIRE AUSSI

La dissolution de plusieurs partis politiques en Guinée continue de provoquer des réactions contrastées sur la scène politique. L’ancien ministre de la Communication, Alhousseine Makanera Kaké, a vivement critiqué les formations concernées, estimant que nombre d’entre elles ne respectaient pas les exigences légales encadrant leur fonctionnement.

S’exprimant sur la question, Makanera a appelé à une lecture « lucide » de la situation. « Le devoir nous impose, en tant que patriotes, de ne pas céder à l’émotion. Il faudrait que nous soyons vraiment lucides et patriotes pour faire une analyse de cette situation », a-t-il déclaré.

Tout en saluant la dissolution de certaines grandes formations politiques, notamment l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), l’Union des forces républicaines (UFR) et le RPG Arc-en-ciel, il estime que l’administration guinéenne a longtemps fait preuve de tolérance à l’égard des partis politiques.

« Aucun parti n’a respecté les lois »

Pour l’ancien ministre, l’analyse doit se faire autour de trois dimensions : juridique, sociale et économique.

« Le premier pilier, c’est le cadre légal. Le deuxième pilier, c’est le cadre social. Et le troisième pilier, c’est le cadre économique », explique-t-il.

Sur le plan juridique, il affirme que les partis politiques dissous n’auraient respecté ni l’ancienne législation ni la nouvelle. « Je persiste et je signe : aucun des partis politiques dissous ne peut prétendre avoir respecté la loi organique de 1991 et la loi organique de 2025 », soutient-il.

Il rappelle que, selon la loi de 1991, les partis politiques sont assimilés à des associations dont le fonctionnement repose essentiellement sur les cotisations des membres. La législation encadre également les dons et legs qu’ils peuvent recevoir.

« Des partis sans patrimoine mais avec des sièges de milliards »

Makanera dénonce également ce qu’il considère comme des incohérences financières dans le fonctionnement de certaines formations politiques.

« Aujourd’hui, vous avez des partis politiques qui n’ont même pas un patrimoine de 50 000 francs guinéens et qui ont des sièges de milliards et qui financent des campagnes de milliards », affirme-t-il.

Selon lui, plusieurs partis ne respecteraient pas non plus leurs propres règles internes, notamment en ce qui concerne l’organisation régulière des congrès.

« Aucun de ces partis politiques n’organise régulièrement et conformément aux statuts du parti leur congrès. Même ceux qui ont tenté de faire semblant d’organiser un congrès… Quand une petite minorité décide qui doit être congressiste, qui paie le transport, qui loge les congressistes et qui décide qui doit être élu, on ne peut pas parler de véritable congrès », déplore-t-il.

Des discours politiques jugés dangereux

L’ancien ministre critique également la nature de certains discours politiques qu’il accuse d’alimenter les tensions sociales.

« On demande à l’armée de prendre le pouvoir, on demande à la population de ne pas obéir à l’ordre établi et de ne pas respecter la loi », affirme-t-il.

Il estime que certains discours politiques sont également marqués par l’ethnocentrisme, ce qui, selon lui, aurait contribué à fragiliser la cohésion nationale.

« La caractéristique principale des discours, c’est l’ethnocentrisme. Cela a fini par détruire le tissu social », soutient-il.

Des poursuites judiciaires évoquées

Pour Makanera, les irrégularités qu’il évoque pourraient même relever du droit pénal.

« Tout ce que je viens d’évoquer ici entraîne la dissolution du parti politique. Mais pas que seulement. Ça doit entraîner des poursuites judiciaires », affirme-t-il.

Il rappelle que certains faits pourraient être sanctionnés par le Code pénal. « Ce sont des faits prévus par le Code pénal et punis. Et ce sont des peines qui peuvent aller au-delà de cinq ans de prison », indique-t-il.

Dans cette perspective, l’ancien ministre estime que la dissolution des partis politiques constitue déjà une mesure relativement modérée.

« Si les partis ont été seulement dissous, on peut dire que l’administration a analysé la situation avec beaucoup de circonstances atténuantes », conclut-il.

Laguinee.info 

- Advertisement -
spot_img
spot_img
spot_img

ECHO DE NOS RÉGIONS