La Cour de répression des infractions économiques et financières a rejeté ce lundi 9 mars 2026 la demande de liberté provisoire formulée par Mohamed Lamine Bangoura, poursuivi pour détournement présumé de fonds publics.
Placée sous mandat de dépôt depuis le 15 décembre 2022 à la maison centrale de Conakry, l’ancienne haute autorité judiciaire est accusée par l’Agent judiciaire de l’État d’avoir détourné 20 milliards de francs guinéens, des fonds destinés à la subvention de la Cour constitutionnelle de Guinée.
Une demande de liberté rejetée par la Cour
À l’audience de ce lundi, Mohamed Lamine Bangoura et ses avocats ont sollicité une mise en liberté provisoire. Après examen de la requête, la CRIEF a toutefois décidé de maintenir le prévenu en détention.
Dans le cadre de la poursuite de l’instruction, les juges ont également ordonné à la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) de transmettre le relevé bancaire de la Cour constitutionnelle couvrant la période d’octobre 2018 à septembre 2021.
L’ancien président de la Cour constitutionnelle conteste les accusations
Depuis l’ouverture de son procès, Mohamed Lamine Bangoura rejette les faits qui lui sont reprochés. Devant les juges, il a affirmé ne pas avoir été impliqué dans la gestion financière de l’institution.
« La Cour constitutionnelle n’établit pas l’état de salaire. Les salaires ne transitent pas sur mon compte », a-t-il déclaré à la barre.
Pour expliquer l’importance de ses revenus, l’ancien président de l’institution a évoqué plusieurs sources de rémunération liées à ses activités professionnelles.
« J’avais un salaire de 75 millions à la Cour constitutionnelle. 9 millions à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, où j’étais enseignant. 150 millions pour une subvention payée quatre fois par an. Et enfin une prime de 20 millions de francs guinéens », a-t-il indiqué.
Le procès renvoyé au 18 mars
À l’issue de l’audience, la Cour a renvoyé l’affaire au 18 mars 2026, afin de permettre la production des documents bancaires demandés.
Ces éléments devraient contribuer à éclairer les juges sur la gestion des fonds publics attribués à la Cour constitutionnelle pendant la période concernée.







