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Dinguiraye : un témoignage audio glaçant éclaire l’enlèvement de proches de l’ancien ministre Tibou Kamara

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Un témoignage audio attribué à une sœur de l’ancien ministre Tibou Kamara et publié par nos confrères de VisionGuinee.info apporte de nouveaux détails sur les circonstances de l’enlèvement de trois femmes âgées dans la concession familiale de l’ex-responsable politique à Dinguiraye, localité située à environ 380 kilomètres de Conakry.

Dans cet enregistrement, la proche décrit une opération menée de manière méthodique par des hommes armés et encagoulés qui ont emporté plusieurs membres de la famille vers une destination inconnue.

Selon les informations recueillies, les personnes enlevées sont Hadja Asmaou Diallo, mère de Tibou Kamara et décrite comme très âgée, Hadja Binta Kamara, sa grande sœur, ainsi que Hadja Kadè Diallo, sa belle-tante et épouse du père du journaliste Habib Marouane Kamara.

Des véhicules repérés plusieurs heures avant l’attaque

Dans le témoignage diffusé par VisionGuinee.info, la sœur de l’ancien ministre explique que la présence des ravisseurs aurait été signalée plusieurs heures avant l’enlèvement.

 

« Trois véhicules étaient déjà entrés dans la ville vers 18 heures. Plusieurs personnes ont affirmé avoir vu ces véhicules circuler à partir de cette heure », indique-t-elle.

 

Selon elle, les occupants de ces véhicules auraient attendu le moment où la plupart des habitants étaient à la mosquée.

 

« Mais ils ont attendu jusqu’à l’heure de la prière, lorsque la plupart des habitants sont partis à la mosquée. »

 

Un repérage sous un faux prétexte

 

La même source raconte que deux individus se seraient présentés à la concession familiale avant l’attaque.

 

« Avant l’attaque, deux personnes sont venues à la maison, habillées normalement et portant des poissons. Elles se sont présentées comme des connaissances de mon oncle. »

 

D’après elle, cette visite servait en réalité à observer les lieux.

 

« En réalité, elles étaient venues pour observer les lieux et vérifier combien de personnes se trouvaient dans la concession. »

 

Après avoir constaté que seules des femmes âgées et des enfants se trouvaient sur place, les individus seraient repartis.

 

« Après avoir constaté qu’il n’y avait que deux vieilles femmes avec les enfants, elles sont reparties. »

 

Une intervention armée dans la cour

 

Selon ce témoignage, les assaillants seraient revenus peu après.

 

« Comme les autres membres de la famille étaient déjà partis à la prière, les assaillants en ont profité pour revenir peu après avec un véhicule. »

 

La scène décrite évoque une intervention menée par des hommes armés.

 

« Une fois dans la cour, ils étaient cagoulés, armés et habillés en noir. »

 

Les ravisseurs auraient demandé à la mère de Tibou Kamara de les suivre.

 

« Ils sont entrés et ont demandé à la mère de Tibou de les suivre, affirmant que quelqu’un l’appelait dehors. »

 

Face à son refus de quitter la maison, les hommes auraient utilisé la force.

 

« Elle a refusé de sortir et a dit qu’elle ne bougerait pas de la maison. Les hommes l’ont alors soulevée de force. »

 

D’autres membres de la famille également emmenés

 

Les ravisseurs se seraient ensuite dirigés vers une autre chambre.

 

« Ma mère, qui est la grande sœur de Tibou, se trouvait dans sa chambre. Les assaillants sont également allés la chercher là-bas. »

 

Selon la témoin, elle aurait été contrainte de monter dans le véhicule.

 

« Ils l’ont fait sortir de la chambre et l’ont forcée à monter dans le véhicule. Ensuite, ils sont partis avec elles. »

 

Après les faits, plusieurs habitants auraient confirmé avoir aperçu les véhicules suspects plus tôt dans la soirée.

 

« Après l’enlèvement, des habitants ont expliqué qu’ils avaient remarqué ces véhicules qui circulaient dans la ville depuis 18 heures. »

 

Une famille plongée dans la peur

 

La sœur de l’ancien ministre évoque également la panique qui a suivi l’attaque.

 

« Toute la famille est restée terrifiée après cet événement. Personne n’a pu dormir cette nuit-là, par peur que les ravisseurs reviennent. Les enfants pleuraient, tout le monde était en état de choc. »

 

Elle évoque notamment la détresse d’une enfant présente lors de l’enlèvement.

 

« Ma fille, qui se trouvait avec ma mère au moment des faits, n’a pas cessé de pleurer. Les ravisseurs ont emmené ma mère et ma grand-mère, en laissant la petite derrière. »

 

Des inquiétudes pour leur santé

 

Dans l’enregistrement, la famille exprime également son inquiétude pour l’état de santé des femmes enlevées.

 

« Ma mère et ma grand-mère sont toutes les deux malades. Ma grand-mère souffre d’hypertension et ma mère est diabétique. Elle est obligée de prendre ses médicaments matin et soir. »

 

Selon la témoin, les victimes ont été emmenées sans leurs traitements médicaux.

 

« Elles ont été emmenées sans leurs médicaments. Or, ce sont des personnes qui ne survivent que grâce à leur traitement. »

 

La famille lance ainsi un appel.

 

« Nous demandons donc à ceux qui les détiennent de les libérer et de nous les ramener saines et sauves. »

 

Cet enlèvement intervient dans un contexte politique marqué par les prises de position publiques de Tibou Kamara, qui s’est imposé depuis le début de la transition comme une voix critique du pouvoir à travers ses écrits.

 

Au moment de la publication de cet article, aucune réaction officielle n’avait encore été enregistrée sur cette affaire. Nous y reviendrons.

Laguinee.info

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