À Boké, la journée commence désormais dans l’incertitude. Ce mercredi matin, bien avant le lever du soleil, des files d’attente s’étiraient déjà devant certaines stations-service de la ville. À 5h40, de nombreux usagers étaient déjà sur place, espérant obtenir quelques litres de carburant dans un climat d’inquiétude grandissante.
Cette scène, devenue familière pour de nombreux conducteurs, témoigne d’une tension persistante autour de l’approvisionnement en carburant. Dans les rangs, l’angoisse se lit sur les visages. Chacun craint de patienter pendant des heures sans garantie d’être servi.

Madani Barry, rencontré sur place, explique avoir dû quitter son domicile aux premières heures de la matinée pour tenter d’anticiper la situation.
« Face à cette crise de carburant, je me suis levé très tôt pour venir à la station. Mais avec le nombre de personnes que je vois, je ne sais pas si je pourrai être servi. Tant que je n’ai pas de carburant, rien n’est sûr. Cette situation nous inquiète énormément, ce n’est pas du tout facile. Certains accusent les grandes puissances, notamment la guerre entre l’Iran et les États-Unis, d’être à l’origine de cette crise. Nous ne savons pas si c’est vrai ou faux », confie-t-il.

Dans cette atmosphère tendue, les interrogations se multiplient. Les usagers cherchent à comprendre les causes d’une situation qui, pour beaucoup, semble se répéter trop souvent.
Moïse Traoré, également présent dans la file d’attente, estime que le problème ne se limite pas aux tensions internationales. Selon lui, certaines pratiques locales contribuent également à aggraver la situation.
« Je ne suis même pas sûr d’obtenir un litre. Ce n’est ni la première ni la deuxième fois que cela arrive. Si à Boké nous ne faisons pas attention, cette situation risque de devenir permanente. Certaines personnes stockent le carburant à domicile pour ensuite le revendre à 15 000 ou 20 000 francs. C’est regrettable. Le carburant gardé à la maison devrait être mis à la disposition de la population. Cela impacte tout le monde. Pour mettre fin à cela, il faut une prise de conscience collective, sinon la crise continuera », déplore-t-il.
Dans la ville minière, ces longues files traduisent un malaise plus profond : la peur d’une pénurie et la méfiance face aux circuits informels qui prospèrent dès que la rareté s’installe.
À l’échelle internationale, plusieurs sources évoquent également les répercussions possibles des tensions au Moyen-Orient. Selon certaines informations, des navires transportant du pétrole auraient été bloqués en raison des tensions opposant Israël, les États-Unis et l’Iran. Si le conflit venait à se prolonger, les conséquences sur l’approvisionnement mondial en carburant pourraient se faire sentir dans plusieurs pays dépendants des importations.
Pour les habitants de Boké, toutefois, ces explications géopolitiques semblent lointaines face à la réalité immédiate : des heures d’attente, l’incertitude et la crainte de repartir les réservoirs vides. Une situation qui, si elle persiste, pourrait continuer d’alimenter l’inquiétude dans une ville où la mobilité et l’activité économique dépendent largement de l’accès au carburant.
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