Le ton était ferme. Face aux magistrats guinéens, le ministre de la Justice et des Droits de l’homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a appelé à un strict respect de l’éthique et de la déontologie, pointant notamment l’usage des réseaux sociaux.
Pour le garde des Sceaux, l’exposition croissante des magistrats dans les débats publics, en particulier politiques, pose un problème de principe.
« À l’ère des réseaux sociaux et de la médiatisation permanente, le magistrat doit plus que jamais préserver la solennité de sa fonction (…) Le magistrat doit quitter les réseaux sociaux. Ça, on doit le faire ensemble », a-t-il déclaré.
Le devoir de réserve rappelé
Le ministre a insisté sur les fondements de l’éthique judiciaire. Selon lui, elle englobe « le devoir de réserve, l’impartialité, la neutralité politique, la dignité dans la vie publique et privée et le respect des hiérarchies institutionnelles ».
Il dit constater des prises de position publiques de certains magistrats sur des sujets politiques.
« Je vois des magistrats qui viennent carrément se mettre dans des commentaires politiques sur les réseaux sociaux. Il faut que ça cesse. Le magistrat a tellement de choses à faire que ce débat n’est pas le sien », a-t-il affirmé.
Il estime que les plateformes numériques ne constituent pas « le cadre idéal » pour des débats susceptibles de concerner des procédures judiciaires futures.
Appel à l’Association des magistrats
Face à cette situation, le ministre appelle l’Association des magistrats de Guinée à jouer un rôle plus actif. Il souhaite en faire un « partenaire stratégique » du département, notamment dans la formation continue, la promotion des bonnes pratiques et la prévention des dérives.
Laguinee.info







