A en croire le président d’honneur du parti Bloc libéral (BL), la Guinée est à un tournant décisif de son histoire, l’approche des élections législatives et communales, prévues en mai de l’année en cours. Au cours d’une conférence de presse animée ce mercredi 25 février 2026, par la Coalition pour la rupture (CPR), qu’il coordone, Faya Lansana Millimouno a indiqué que les populations se retrouvent face à une situation préoccupante, a appris Laguinee.info à travers un de ses journalistes.
En prélude aux élections législatives et communales, Faya Millimouno a déclaré que l’enjeu n’est pas seulement électoral, mais il est aussi institutionnel, et surtout est républicain et existentiel.
« Notre histoire nous enseigne une leçon claire : Chaque fois que le pouvoir se concentre sans contre-pouvoir, la démocratie recule. Et c’est ce que nous sommes en train de vivre aujourd’hui. Chaque fois que l’Etat se confond avec un parti, la République s’affaiblit. Aujourd’hui, nous nous trouvons devant des signaux très préoccupants, et qui ne devraient laisser aucun Guinée indifférent. L’Etat semble vouloir créer son propre parti, au risque de confondre administration et organisation politique. Chacun de nous suit le premier ministre qui reçoit le mandat du président de créer un parti qui s’apparente à un Parti-État », a-t-il affirmé.
Pour Faya Lansana Millimouno, l’administration publique perd sa neutralité. Et l’espace civique se rétrécit dangereusement.
« Les partis sont suspendus, les médias sont fermés, les manifestations sont interdites, etc. L’élection est en train de devenir un simple rituel de confirmation. Nous ne pouvons pas ignorer ces signaux. La consolidation démocratique n’est pas un slogan, c’est une exigence nationale. Ne pas confondre dans notre pays, comme ce fut le cas par le passé, l’unité nationale et l’uniformité politique. Ce sont deux choses complètement différentes et diamétralement opposées: L’unité nationale est sacrée, mais l’uniformité politique est dangereuse. Lorsque l’opposition est présentée comme une menace, la liberté recule », a ajouté le président d’honneur du BL.
L’unité doit être garantie
Lorsque la critique est assimilée à la trahison, la République cesse, a-t-il déploré.
« L’unité doit être garantie par les institutions de la République, neutres. Par exemple, par une justice équitable et indépendante, une administration impartiale des forces de défense et de sécurité républicaines et politiques. Pas par un parti politique que cela peut être garantie, comme on est en train de le voir. Il faut qu’on sépare clairement l’État du parti. La guerre est passée par là. Nous autres, nous ne tions plus enfant. Lorsque, du parti politique, on est allé au parti État, et cela a conduit à des délits qui ont fait fuir l’élite de ce pays. Il y a beaucoup qui sont là aujourd’hui, qui prennent des actions sans se rappeler les raisons profondes pour lesquelles tant de milliers sont nés, pas sur le territoire national, mais ailleurs. C’est extrêmement important. Il faut donc séparer l’État du parti », a expliqué le candidat malheureux.
Il termine en disant que si le seul agenda du gouvernement de Bah Oury est aujourd’hui la construction d’un parti-État, il faut bien se poser la question de ce fonds qu’il est en train d’utiliser pour bien le faire.
« Il faut une neutralité obligatoire des gouverneurs, des préfets, des ministres et des autres administrateurs. Il faut la traçabilité du financement des activités politiques dans le pays. Et il faut une protection statutaire renforcée des agents publics. Parce que les agents publics ne sont pas suffisamment protégés, ils sont menacés à aller obligatoirement vers un parti-État. Ceux qui sont dans l’administration privée, ils ont un devoir de neutralité dans le jeu politique. Un État impartial protège tous les citoyens. En revanche, un État partisan fragilise tout le monde. Aujourd’hui, les Guinéens sont en train, de façon vertigineuse, de se fragiliser », a-t-il dit aussi.
Ismael Sam, pour Laguinee.info







