Dans une alerte publiée sur son compte Facebook, l’époux d’Hélène Lamah, enseignante au groupe scolaire Maranatha, revient sur ce qu’il présente comme « trois jours de cauchemar vécus par mon épouse ».
« Dans la pénombre feutrée de Kobayah, l’un des quartiers les plus huppés de Conakry, se tramait, ce vendredi 20 février 2026, une scène d’une noirceur inouïe et insoupçonnée », écrit-il. Il explique qu’un taxi « banal en apparence » roulait en direction de Sonfonia avec, à son bord, sa femme Hélène Lamah. « Enseignante au groupe scolaire Maranatha, elle venait d’apprendre le décès de sa tutrice et se rendait, bouleversée, auprès de la famille endeuillée pour présenter ses condoléances. »
Poursuivant son témoignage, il affirme : « Elle ignorait que ce trajet ordinaire serait le prélude à un cauchemar. » Dans le véhicule, selon lui, « se trouvaient une femme voilée, un homme, un enfant d’à peine treize ans, et le chauffeur, complice silencieux ». Il relate que « la femme voilée, d’une voix douce en langue soussou, lui tendit un « Cleanex » (mouchoir) : “Ne pleurez pas, madame. Que l’âme de la défunte repose en paix.” Hélène accepta le geste, porta le cleanex à son visage… et aussitôt, une odeur étrange, entêtante, l’envahit. Le monde bascula. Elle perdit connaissance. »
« Ce fut le début de trois jours de ténèbres », poursuit-il, affirmant qu’à son réveil, son épouse « se trouva dans une pièce lugubre, aux murs nus d’une maison inachevée, ornés d’amulettes et de fétiches inquiétants ». Il ajoute que « ses ravisseurs, la femme voilée et trois hommes parlant un créole sierra-léonais et du soussou, l’entouraient ». « À ses côtés, un enfant également enlevé », indique-t-il.
Il évoque ensuite « des heures » marquées par « des rituels macabres : prélèvements de sang, breuvages et injections forcés ». « Chaque tentative de résistance se soldait par des coups, des humiliations », écrit-il, ajoutant que « lorsque leur rituel échoua, les bourreaux murmurèrent : “Son sang n’est pas bon.” »
Toujours selon lui, « pendant ce temps, dehors, la ville s’agitait. La famille, les amis, les forces de l’ordre, tous s’étaient mobilisés dans une quête désespérée ». Puis, « au matin du dimanche 22 février, les ravisseurs décidèrent de se débarrasser d’elle. Ils la jetèrent hors du taxi, blessée, couverte de boue, abandonnée sur une route inconnue ».
« Titubante, elle trouva secours auprès d’un motard qui la ramena à Kobayah. Tremblante, elle emprunta son téléphone et m’appela : “Chéri, viens me chercher… je ne sens plus mes pieds.” »
L’époux affirme : « C’est alors que mon ami Rayms Marthe Gnèpou Maomy et moi avons accouru à Kobayah pour la retrouver. Tremblante, meurtrie, mais vivante, nous l’avons conduite sans tarder à l’hôpital afin qu’elle reçoive les soins nécessaires. Par la grâce de Dieu, elle est en vie, et peu à peu ses forces lui reviennent. »
Dans sa publication, il précise : « Nous avons choisi de témoigner, de mettre des mots sur ce calvaire, non par goût du récit, mais pour alerter. » Il estime que « Conakry, notre ville, se fait chaque jour plus dangereuse, et nul ne peut désormais s’y croire à l’abri ».
« J’élève donc ma voix pour interpeller nos autorités, à tous les niveaux, afin qu’elles renforcent la vigilance et durcissent les procédures d’accès à notre territoire », poursuit-il, affirmant que « trop d’étrangers, notamment venus de Sierra Leone et du Liberia, franchissent nos frontières sans papiers, s’adonnant à des activités illicites, inhumaines, qui menacent la quiétude et la dignité de notre peuple ».
Il conclut : « Que ce récit serve d’avertissement : la prudence est désormais une nécessité vitale. » Avant d’ajouter : « Enfin, je tiens à adresser ma gratitude la plus sincère à tous ceux et celles qui nous ont apporté soutien et réconfort durant ces heures d’épreuve (…) À Dieu, Maître souverain de l’univers, nous élevons nos voix et nos cœurs : à Toi seul reviennent la gloire, l’honneur et la majesté éternelle. »
À ce stade, aucune communication officielle des autorités sécuritaires ou judiciaires n’a été signalée concernant ces faits. Les circonstances exactes de cette affaire et l’éventuelle ouverture d’une enquête restent à confirmer.
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