Dans le cadre de ses consultations avec les professions judiciaires, le Garde des Sceaux a reçu, le 20 février 2026, les représentants de la Chambre nationale des huissiers de justice et de l’Association des commissaires-priseurs de Guinée. Objectif affiché : renforcer la crédibilité de l’appareil judiciaire à travers un encadrement plus strict des pratiques professionnelles.
Au cours de la rencontre tenue au ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, le ministre a rappelé le rôle central des huissiers dans le déroulement des procédures judiciaires, estimant qu’ils interviennent « au début et à la fin » de la chaîne.
Il a notamment évoqué des dysfonctionnements liés à certaines procédures.
« Je veux qu’on soit sincères, je veux qu’on soit loyaux les uns envers les autres »
Parmi les situations jugées préoccupantes figurent des cas de forclusion contestée ou encore des actes d’assignation déclarés « servis à personne » sans que les destinataires n’en aient eu connaissance.
« Dès qu’un secteur faillit, cela retombe sur l’ensemble. La population ne connaît même pas la différence »
Le ministre a ainsi appelé à un assainissement interne, conditionnant son engagement à défendre les intérêts de la corporation à une exigence de probité et de rigueur dans l’exercice des fonctions.
Des difficultés opérationnelles soulevées
Prenant la parole au nom de la profession, Sory Daouda Camara, président honoraire de la Chambre nationale des huissiers de justice, a salué l’ouverture au dialogue avant de présenter plusieurs contraintes rencontrées sur le terrain.
Parmi les principales préoccupations :
- le recours effectif à la force publique (police et gendarmerie) pour l’exécution des décisions revêtues de la formule exécutoire ;
- les difficultés d’application de certaines condamnations pécuniaires en matière correctionnelle ;
- l’absence de siège fonctionnel depuis l’explosion du dépôt de carburant de Kaloum ;
- la nécessité d’un appui de l’État pour l’organisation de rencontres internationales et l’obtention de passeports de service pour les membres du bureau exécutif.
Un mémo est attendu pour formaliser ces échanges en une feuille de route. Il devrait encadrer les prochaines étapes du processus engagé par les autorités pour améliorer l’efficacité et la fiabilité du système judiciaire.
Laguinee.info







