Depuis près d’une semaine, la ville de Boké fait face à une pénurie de carburant dans plusieurs stations-service. Une situation qui affecte directement les déplacements et l’activité économique locale.
Dès les premières heures de la matinée, de longues files d’attente se forment devant les rares points de distribution encore fonctionnels. Sur place, les usagers disent passer plusieurs heures sans garantie d’être servis.

Rencontré dans une station-service après une longue attente, Mamadou Alpha Bah témoigne :
« Depuis 6 heures du matin, je suis là et jusqu’à présent je n’ai pas pu obtenir de carburant. On sert d’abord les bidons, ensuite les véhicules et les motos. J’ai déjà envoyé deux bidons sans succès. Je vais essayer avec la moto pour voir si je pourrai en avoir. Cette situation nous fatigue énormément. Le transport coûte cher. L’État doit nous fournir suffisamment de carburant, car sans cela, nous ne pouvons pas nous déplacer. »

Sur les principaux axes routiers, cette pénurie commence à se répercuter sur le coût du transport urbain, notamment chez les conducteurs de taxi-motos. Certains affirment avoir recours au marché parallèle pour s’approvisionner, à des prix nettement supérieurs au tarif officiel.
Alhassane Diallo, conducteur dans la commune urbaine, explique :
« La situation du carburant est très difficile pour nous qui faisons le taxi-moto. Avant-hier, j’ai acheté le litre à 18 000 francs. Comment voulez-vous qu’on s’en sorte avec la recette ? C’est très compliqué. Même si le prix habituel d’un trajet est de 5 000 francs, certains clients disent qu’ils n’ont que 3 000 francs. »
Pour les usagers venus des localités environnantes, les difficultés d’approvisionnement s’ajoutent aux contraintes liées à la distance. C’est le cas d’Alpha Biaye, arrivé de la sous-préfecture de Dabiss :
« Je demande à l’État de trouver une solution à cette situation. Imaginez la distance entre Dabiss et Boké. Faire tout ce trajet sans être sûr d’obtenir du carburant, c’est très difficile. »
Selon plusieurs sources locales, sur les huit stations-service que compte la ville, une seule serait actuellement en activité. Les heures de distribution restent par ailleurs limitées à une courte plage quotidienne, accentuant les difficultés d’accès au carburant pour les automobilistes et les conducteurs de motos.
Cette situation continue de susciter des inquiétudes parmi les habitants, alors que les besoins en mobilité demeurent essentiels pour les activités quotidiennes dans la cité minière.
Laguinee.info







