Après plusieurs renvois et plus de deux années de détention provisoire, le dossier de Mohamed Lamine Bangoura, ancien président de la Cour constitutionnelle, entre dans une nouvelle phase judiciaire. L’ex-haut magistrat est appelé devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), selon le rôle d’audience présidé par le juge Yacouba Conté.
Une première évocation de l’affaire est programmée ce mercredi 11 février 2026. Il s’agit d’une étape procédurale marquant l’inscription formelle du dossier au rôle de jugement, en vue de l’examen des faits reprochés.
Mohamed Lamine Bangoura est détenu à la maison centrale de Conakry depuis le 15 décembre 2022. Il est poursuivi pour détournement de deniers publics, corruption, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux. Dans cette affaire, il est mis en cause aux côtés d’Amadou Diallo, Sidiki Sylla et Raguiatou Barry, actuellement en fuite. Des mandats d’arrêt ont été émis contre ces derniers le 7 novembre 2025.
Selon le parquet, le montant du préjudice financier est estimé à près de 20 milliards de francs guinéens.
« Le préjudice est évalué à environ 20 milliards de francs guinéens », a indiqué le substitut du procureur, Malick Marcel Oularé.
Toutefois, la tenue effective de l’audience reste conditionnée aux mesures de sécurité à la maison centrale de Conakry. Des troubles signalés la veille pourraient compliquer l’extraction des détenus. En cas d’impossibilité logistique, un nouveau renvoi de l’affaire n’est pas exclu.
Au-delà de l’aspect judiciaire, ce dossier concerne une ancienne figure centrale de l’appareil institutionnel guinéen. Mohamed Lamine Bangoura a notamment présidé la Cour constitutionnelle durant la période ayant conduit au référendum constitutionnel de mars 2020 et à la validation de la candidature du président sortant à l’époque.
Avec l’inscription du dossier en phase de jugement, la CRIEF s’apprête à examiner publiquement des faits qualifiés de crimes économiques majeurs. La suite de la procédure dépendra des conditions matérielles et sécuritaires permettant la comparution des prévenus devant la juridiction.
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