Le Syndicat national autonome de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (SNAESURS) a opposé une fin de non-recevoir à la demande du gouvernement relative à sa participation aux travaux de la commission chargée de la mise en œuvre des recommandations du protocole d’accord signé le 3 janvier 2026 entre l’Intersyndicale de l’Éducation et l’État guinéen.
Dans une lettre datée du 5 février 2026, référencée N°57/BEN/2026, adressée au ministre de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, le syndicat répond à la correspondance officielle N°00 01 25/MTFP/SG/CNDS/2026 du 27 janvier 2026, par laquelle il lui était demandé de désigner deux représentants pour intégrer ladite commission.
Le SNAESURS rappelle d’emblée le cadre de cette sollicitation avant d’annoncer sans ambiguïté sa décision.
« Après consultation de la base, je vous informe très respectueusement que le SNAESURS décline l’offre de participation aux travaux de ladite commission », écrit le secrétaire général du syndicat.
La première justification avancée est catégorique : le syndicat refuse d’être associé à un accord qu’il n’a pas signé.
« Le SNAESURS n’est pas signataire du protocole d’accord du 03 janvier 2026 signé entre l’Intersyndicale de l’Éducation (…) et le Gouvernement », précise la lettre, marquant une nette prise de distance vis-à-vis du cadre de négociation en cours.
Le syndicat invoque ensuite les spécificités de l’enseignement supérieur, qu’il estime incompatibles avec une approche globale du secteur éducatif.
« L’Enseignement supérieur a des spécificités que les autres sous-secteurs de l’Éducation guinéenne n’ont pas », tranche le document, rejetant toute assimilation aux autres niveaux de l’enseignement.
Au-delà du refus immédiat, le SNAESURS pose clairement ses conditions pour toute discussion future avec les autorités.
« Le SNAESURS s’adressera au Gouvernement au moment opportun pour négocier un Statut particulier de l’Enseignement supérieur dans l’intérêt supérieur de son sous-secteur », annonce le syndicat, recentrant le débat sur une revendication sectorielle distincte.
En conclusion, le ton reste formel mais ferme.
« Espérant que vous serez favorable à ma réponse, veuillez agréer Monsieur le Ministre l’expression de mes sentiments de gratitude et de bon partenariat », conclut la correspondance.
Cette position, sans concession, confirme la rupture entre le SNAESURS et le processus engagé par l’Intersyndicale de l’Éducation. Elle met en évidence une fracture persistante dans la gestion du dialogue social et renforce le débat sur la place de l’enseignement supérieur dans les réformes de la fonction publique et de l’éducation en Guinée.
Laguinee.info







