Le mouvement des Réformateurs, longtemps présenté comme l’espoir d’une réforme interne de l’UFDG, est désormais en pleine désunion. Invité de l’émission Le Marqueur sur Télé 24, Lamarana Petty Diallo, fondateur du mouvement et ancien cadre de l’UFDG, a confirmé ce que beaucoup murmuraient déjà : son initiative politique s’effrite, et il a choisi de rejoindre l’UDRG, dirigée par le Premier ministre Bah Oury.
Selon lui, le mouvement était condamné dès le départ : sans statut légal et incapable de se transformer en parti politique reconnu, il n’avait aucune chance de peser durablement dans le paysage politique guinéen. Une justification qui sonne comme un aveu : plutôt que de se battre pour ses idées ou ses militants, certains leaders préfèrent sécuriser leur avenir politique ailleurs.
« Le mouvement des Réformateurs se porte tant bien que mal. Aujourd’hui, une partie des fédéraux et certains membres de la direction nationale ont décidé de rejoindre l’UDRG », a-t-il reconnu. Et d’ajouter : « Ce n’est pas un départ conflictuel. C’est un choix politique, un divorce certes, mais sans animosité ni affrontement. » Une manière polie de masquer la réalité : la désunion est consommée, et le mouvement éclate sous le poids de ses contradictions internes.
À l’origine, les Réformateurs visaient à prendre la tête de l’UFDG pour la réformer de l’intérieur. L’échec de cette stratégie a rapidement mis à nu les limites de leur organisation. « Nous avons tenu de nombreuses réunions pour transformer le mouvement en parti politique, mais cela n’a pas abouti », explique Lamarana Petty Diallo. Or, en Guinée, un mouvement sans statut légal est une coquille vide. Un constat froid qui a poussé certains à jeter l’éponge.
Le choix de rejoindre l’UDRG a été présenté comme pragmatique et stratégique. Pourtant, il laisse derrière lui un mouvement fragilisé et des militants perdus, qui se voient forcés de renoncer à des années d’efforts pour reconstruire à zéro dans une autre formation. Même le parrain du mouvement, Ousmane Gaoual Diallo, voit ses partisans se disperser : certains suivent Petty Diallo, d’autres restent fidèles.
Sur l’avenir de l’UDRG, Lamarana Petty Diallo se veut rassurant : « Dire aujourd’hui que l’UDRG est appelée à disparaître serait excessif. Il y a des débats, des dynamiques politiques en cours, mais la politique est faite de recompositions, pas d’annonces hâtives. » Une façon élégante de masquer la vérité : la recomposition guinéenne semble désormais se faire au détriment de la cohésion et de la loyauté envers ses militants.
En définitive, ce départ marque plus qu’une simple recomposition politique : il met en lumière le dilemme de nombreux mouvements guinéens, entre ambitions personnelles et engagement collectif. Quand le pragmatisme se transforme en fuite stratégique, qui reste pour défendre les idées initiales ? Les Réformateurs, en tout cas, ne semblent plus avoir de réponse.
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