Le temps des discours creux serait révolu. À peine installé à la tête du ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, Mourana Soumah a fixé le cap : des résultats concrets, mesurables, et utiles à l’économie nationale.
Pour le nouveau ministre, l’innovation ne peut plus se limiter à des annonces.
« Elle ne sera pas un slogan et devra produire des valeurs ajoutées et créer des emplois, des solutions adaptées à nos réalités et une meilleure compétitivité pour notre économie », a-t-il affirmé.
Un message clair, dans un contexte où le numérique guinéen reste en retard par rapport à plusieurs pays de la sous-région.
Un retard assumé, mais présenté comme une opportunité
Sans détour, Mourana Soumah reconnaît le décalage de la Guinée. Mais il y voit aussi un levier.
« Ça veut dire que nous avions des marges de progression importantes pour rattraper ce retard et ce déficit », a-t-il expliqué, appelant à une convergence progressive vers les standards régionaux.
Aujourd’hui, l’économie numérique représente 4,4 % du PIB guinéen, avec 220 millions de dollars d’investissements en 2025. Un niveau jugé insuffisant par le ministre.
Partenariats public-privé et financement innovant
Pour changer d’échelle, le gouvernement mise sur les partenariats public-privé.
« Les modes de financement innovants, bâtis sur le partenariat public-privé, seront des outils essentiels permettant d’accroître la part de l’économie numérique dans le PIB », a indiqué Mourana Soumah.
Il souligne toutefois que la Guinée reste loin des performances régionales.
« Cette part représente malheureusement deux fois celle du Sénégal et de la Côte d’Ivoire », a-t-il regretté, pointant un retard structurel persistant.
Même constat sur la connectivité. Le taux de pénétration d’internet en Guinée est en dessous de 30 %, contre 32 % au Bénin, selon le ministre.
Des investissements dans les infrastructures et le backbone numérique sont annoncés pour inverser la tendance.
Mobile money et inclusion financière, le chantier prioritaire
Autre axe central : le développement du mobile money, présenté comme un outil clé d’inclusion financière.
« C’est le facteur d’inclusion financière. C’est des comptes virtuels pour nos compatriotes », a expliqué le ministre, appelant à la création d’un écosystème flexible autour des établissements de monnaie électronique (EME).
Le constat est sévère.
« Le taux d’inclusion financière économique de la Guinée est de 26 %, largement en dessous de la moyenne sous-régionale de 40 à 45 % », a-t-il reconnu.
Pour combler l’écart, le pays devra gagner 15 à 20 points de pourcentage.
« Ça veut dire qu’on a du challenge, on a du boulot », a conclu Mourana Soumah.
Entre promesses et attentes
À travers ces annonces, le nouveau ministre affiche une ambition claire : faire du numérique et de l’innovation de véritables moteurs de croissance et de compétitivité.
Reste désormais à transformer ces orientations en actions visibles, dans un environnement régional où la concurrence s’intensifie et où les retards coûtent cher.
Laguinee.info







