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Numérique en Guinée : le constat sévère posé par Mourana Soumah

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Le nouveau ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation ne s’est pas livré à un exercice de communication. Mourana Soumah a dressé un état des lieux sans détour du secteur numérique guinéen, marqué par des retards structurels et des indicateurs en deçà des standards sous-régionaux.

D’entrée, le ministre a prévenu sur la portée réelle de l’innovation dans l’action publique.

« L’innovation ne sera pas un slogan et devra produire des valeurs ajoutées et créer des emplois », a-t-il déclaré.

Une affirmation qui sonne comme un aveu implicite : jusque-là, le numérique en Guinée est resté largement au stade du discours, sans impact économique significatif.

Les chiffres avancés confirment ce diagnostic. L’économie numérique ne représente que 4,4 % du PIB, avec environ 220 millions de dollars d’investissements en 2025. Un niveau jugé insuffisant.

« Cette part reste en dessous des performances observées dans certains pays voisins », reconnaît le ministre.

Le retard est encore plus visible sur le terrain des infrastructures. Le taux de pénétration d’internet demeure inférieur à 30 %, limitant l’accès des populations aux services numériques essentiels.

« Nous sommes en dessous de 30 %, contre 32 % pour le Bénin », a-t-il souligné, mettant en évidence un décrochage par rapport à la dynamique régionale.

Sur le plan financier, le constat est tout aussi sévère. Le taux d’inclusion financière en Guinée plafonne à 26 %, loin de la moyenne sous-régionale estimée entre 40 et 45 %.

« Nous devons chercher 15 à 20 points de pourcentage pour rattraper les pays voisins », a admis Mourana Soumah, parlant ouvertement de « challenge » et de « beaucoup de boulot ».

Le ministre n’a pas éludé la question du mobile money, perçu comme un levier encore sous-exploité.

« C’est le facteur d’inclusion financière. Ce sont des comptes virtuels pour nos compatriotes », a-t-il expliqué, laissant entendre que l’écosystème actuel reste trop rigide et insuffisamment structuré.

Même le retard accumulé par la Guinée est présenté comme une réalité assumée.

« Nous avons un retard par rapport à certains pays de la sous-région », a reconnu le ministre, tout en évoquant des marges de progression importantes.

À travers ces déclarations, Mourana Soumah dresse un constat sans complaisance : faible contribution du numérique à l’économie, infrastructures insuffisantes, faible accès à internet, inclusion financière marginale et retard face aux voisins immédiats. Le diagnostic est clair. Il met en lumière des failles profondes que les chiffres confirment et que les discours ne masquent plus.

Laguinee.info 

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