La publication de la liste complétive du gouvernement Amadou Oury Bah II, issue des décrets présidentiels du 4 février, marque une étape importante dans l’installation des institutions de la Ve République. Cette nouvelle équipe est appelée à conduire l’action publique dans un contexte de transition politique, de fortes attentes sociales et de mise en œuvre d’une Constitution qui se veut fondatrice d’un nouvel ordre républicain, plus inclusif et plus équitable.
C’est précisément à l’aune de ce nouveau cadre constitutionnel que se pose la question de la représentation féminine au sein de l’Exécutif. Sur les 29 membres que compte le gouvernement, seules 7 femmes y figurent, soit environ 24 %. Un taux inférieur au seuil minimal de 30 % consacré par la Constitution, qui érige la promotion de la parité et de l’égalité entre les sexes en principe fondamental de la République.
Le texte constitutionnel est explicite. Il prévoit l’octroi d’un quota minimal de 30 % aux femmes dans l’ensemble des postes décisionnels et électifs, aux niveaux national, régional et local. Il engage également l’État à veiller au respect effectif de ce principe, en le plaçant au cœur des politiques publiques et de l’organisation institutionnelle. Cette exigence n’est donc ni optionnelle ni indicative : elle relève d’une obligation juridique et politique.
À l’épreuve des faits, la composition actuelle du gouvernement révèle un écart entre la norme et sa mise en œuvre. Si la présence de femmes au sein de l’Exécutif traduit une certaine volonté d’ouverture, elle demeure en deçà du minimum constitutionnel. Ce décalage interroge la cohérence de l’action gouvernementale et soulève des questions sur la hiérarchisation réelle des principes inscrits dans la loi fondamentale.
Au-delà des chiffres, l’enjeu est celui de la crédibilité des réformes institutionnelles. La Constitution tire sa légitimité de son application, en particulier par les institutions chargées de l’incarner. Lorsque ses prescriptions ne sont pas respectées dans la formation même du gouvernement, le message envoyé est ambigu et fragilise l’autorité normative du texte.
La parité, dans ce contexte, ne peut être réduite à un symbole. Elle vise à corriger des déséquilibres structurels, à élargir la base de la décision publique et à intégrer des perspectives longtemps marginalisées. Dans une société où les femmes jouent un rôle central dans l’économie, la famille et la cohésion sociale, leur sous-représentation au sommet de l’État apparaît comme un paradoxe persistant.
Ainsi, la composition du gouvernement Amadou Oury Bah II met en lumière un défi majeur de la Ve République : traduire les principes constitutionnels en pratiques effectives. La question de la parité dépasse le cadre d’un simple ajustement arithmétique. Elle constitue un test de la volonté politique de faire de l’égalité un pilier réel de la gouvernance, et non une promesse formelle inscrite dans les textes.
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