Cinq jours après son investiture, le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, a officiellement déposé sa déclaration de biens auprès de la Cour suprême. Un geste posé ce jeudi, dans les délais constitutionnels, et qui marque l’un des premiers actes politiques forts de son nouveau mandat.
Accompagné du ministre directeur de cabinet de la Présidence, Djiba Diakité, le Chef de l’État s’est conformé aux exigences prévues par la Constitution en matière de transparence et de redevabilité. L’article 60 du texte fondamental impose au Président de la République de déclarer son patrimoine dans un délai de dix jours après son entrée en fonction, une obligation qui doit ensuite être renouvelée chaque année.
Cette démarche intervient dans un contexte politique sensible, marqué par une forte attente de l’opinion publique sur la gouvernance post-électorale, la gestion des ressources publiques et la lutte contre l’enrichissement illicite au sommet de l’État.
Un cadre constitutionnel strict et contraignant
Au-delà du dépôt initial, la Constitution encadre rigoureusement le suivi du patrimoine présidentiel. À la fin du mandat, la déclaration de biens est transmise aux services fiscaux et soumise au contrôle de la Cour des comptes. L’article 61 est explicite : tout écart entre la déclaration de début et celle de fin de fonctions doit être justifié devant cette juridiction financière.
En se pliant à cet exercice dès les premiers jours de son septennat, Mamadi Doumbouya s’inscrit formellement dans ce cadre légal, là où, par le passé, la question de la déclaration de patrimoine des dirigeants a souvent alimenté suspicions, controverses et débats publics.
Un signal politique adressé à l’opinion et à l’administration
Sur le plan politique, cet acte dépasse la simple formalité administrative. Il intervient à un moment où la transparence des dirigeants, la moralisation de la vie publique et la redevabilité des gouvernants occupent une place centrale dans le débat national.
En déclarant ses biens dans les délais constitutionnels, le Chef de l’État envoie un message clair à l’opinion, mais aussi à l’ensemble de l’appareil d’État : le respect des règles doit commencer au sommet. Ce signal est d’autant plus scruté que la Guinée est engagée dans une phase de recomposition institutionnelle et de redéfinition des rapports entre pouvoir, justice et gestion des deniers publics.
Un acte attendu, désormais soumis à l’épreuve du temps
Si le dépôt de la déclaration constitue une étape importante, il ouvre aussi une séquence de vigilance accrue. La crédibilité de cet engagement se mesurera dans la durée, à travers la régularité des mises à jour annuelles prévues par la loi et, à terme, par la confrontation entre les déclarations successives.
En entamant son septennat par cet acte, Mamadi Doumbouya place la question de la transparence patrimoniale au cœur de son mandat. Reste désormais à voir comment cette exigence constitutionnelle s’inscrira dans la pratique quotidienne de la gouvernance et dans l’action de l’ensemble des institutions de contrôle de la République.
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