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Travail des enfants à Kankan : une réalité qui prive l’école de ses élèves

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À Kankan, l’aube se lève sur la commune urbaine dans une poussière encore fraîche. Avant même que les cloches de certaines écoles ne sonnent, des enfants sont déjà debout. Ils portent des glacières, alignent des sachets d’eau, proposent leurs services aux commerçants. Leurs pas les mènent vers les marchés, rarement vers les salles de classe, rapporte le correspondant régional de Laguinee.info basé à Kankan.

 

Dans la région administrative de Kankan, l’utilisation de jeunes adolescents par certains parents à des fins économiques est devenue une pratique de plus en plus répandue. Ce phénomène empêche de nombreux enfants d’aller à l’école et compromet leur développement.

 

Interrogé sur cette réalité par Laguinee.info, l’Inspecteur régional de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables de Kankan ne détourne pas le regard. Il rappelle que la loi est sans ambiguïté face à ces pratiques.

 

Mohamed Mariam Keïta, inspecteur régional de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables de Kankan

« C’est un travail qui empêche l’enfant d’aller à l’école, qui met sa vie en danger et compromet son développement physique et mental. C’est donc un phénomène puni par le Code de l’enfant », souligne-t-il.

 

Dans les rues animées de la commune urbaine, les constats se ressemblent. La majorité des enfants impliqués travaillent soit pour leurs propres parents, soit pour des tiers. Certains se présentent eux-mêmes chez des commerçants.

 

« Certains enfants viennent proposer leurs services aux gérants de frigos ou à d’autres commerçants pour revendre des produits afin d’obtenir une petite rémunération », explique l’inspecteur régional.

 

Face à cette situation, les services compétents tentent d’agir, chacun à son niveau. L’Inspecteur régional insiste sur la dimension collective de la lutte contre le travail des enfants.

 

« Dans l’administration, chacun a son rôle. De notre côté, au niveau du ministère, nous avons pour mandat de veiller à l’application de tous les engagements de l’État relatifs aux droits des enfants, des femmes et des personnes vulnérables, aussi bien au niveau national qu’international », précise-t-il.

 

Au-delà des textes et des contrôles, le ministère privilégie également la prévention. Dans les quartiers de Kankan, des campagnes d’information et de sensibilisation sont menées auprès des familles.

 

« Nous avons également pour mission d’informer et de sensibiliser la population sur les risques et les conséquences du travail des enfants sur leurs droits fondamentaux », ajoute-t-il.

 

Avec l’appui des partenaires techniques et financiers, des structures locales de protection de l’enfant ont été mises en place dans la commune urbaine. Leur mission est d’identifier les enfants non scolarisés et d’alerter les services concernés.

 

« Nous avons créé des structures de protection de l’enfant, dont le rôle principal est d’identifier tous les enfants non scolarisés », précise l’inspecteur régional.

 

Mais chaque intervention révèle une réalité difficile à ignorer. Derrière chaque enfant au travail, il y a une famille en situation de grande précarité. L’inspecteur régional désigne clairement le facteur central.

 

« La pauvreté est un élément déterminant. Quand vous demandez à un enfant d’arrêter de travailler, il faut aussi accompagner les parents dans la prise en charge. La plupart des parents vous diront qu’ils n’ont pas les moyens de scolariser leurs enfants », déplore-t-il.

 

À Kankan, la pauvreté transforme l’enfance en outil de survie. Les cartables restent accrochés aux murs, les cahiers se ferment trop tôt. Chaque jour, des enfants quittent la maison avec une glacière ou une bassine, pendant que l’école attend.

Face à cette situation, les autorités appellent à une réponse globale, combinant l’application stricte de la loi, la sensibilisation des populations et l’accompagnement socio-économique des familles vulnérables, afin de garantir aux enfants de Kankan leur droit à l’éducation et à une enfance protégée.

 

De Kankan, Mohamed Lamine Yansané pour Laguinee.info

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