Au Nigeria, les forces de sécurité ont enregistré des résultats contrastés face à l’insécurité persistante qui touche plusieurs régions du pays. Dans l’État de Zamfara, au nord-ouest, une opération militaire a permis de prendre d’assaut une cache de bandits armés et de libérer 62 otages. Selon les autorités, les personnes secourues ont été mises en sécurité et se trouvent en attente de retrouvailles avec leurs familles.
Toujours dans le nord-ouest, une embuscade a été menée dans le district d’Augie, à la frontière entre les États de Kebbi et de Sokoto. L’opération a visé des combattants du groupe Lakurawa. Deux militants ont été tués, d’après des sources sécuritaires.
Ces actions interviennent dans un contexte de recrudescence des enlèvements et des attaques contre des villages, des écoles et des lieux de culte dans cette partie du pays. Le 18 janvier dernier, plus de 160 fidèles avaient été enlevés lors d’attaques simultanées contre deux églises dans l’État de Kaduna, ravivant les inquiétudes des populations locales.
Réagissant à cette situation, Joseph John Hayab, président de l’Association chrétienne du Nigeria pour les États du Nord, cité par africanews.com, a dénoncé la lenteur des réactions face aux alertes sécuritaires. « Alors que nous nous contentions de nier la situation, nous laissions aux bandits la possibilité de fuir et d’agir davantage. C’est à ce moment-là que nous aurions dû les poursuivre, même si l’alerte s’avérait fausse, pour en avoir le cœur net. Nous ne l’avons pas fait ; nous avons perdu du temps et offert aux criminels la marge de continuer leurs actions. C’est une erreur qui ne doit jamais se reproduire dans notre pays », a-t-il déclaré.
De son côté, le gouvernement nigérian a rappelé que les opérations en cours s’inscrivent dans une offensive globale visant à démanteler les réseaux armés responsables de l’insécurité. Les autorités assurent que ces actions ciblent l’ensemble des groupes menaçant les civils, sans distinction confessionnelle, et rejettent toute accusation de persécution ciblée contre une communauté particulière.
Pendant ce temps, la violence reste intense dans le nord-est du pays. Dans l’État de Borno, au moins huit soldats nigérians ont été tués et une cinquantaine d’autres blessés lors d’une attaque menée par des combattants de Boko Haram contre une formation militaire. Les insurgés, arrivés à moto et à bord de véhicules blindés, ont engagé les troupes dans de violents affrontements et utilisé des véhicules piégés. Si l’un de ces engins a été neutralisé, un second a réussi à franchir les défenses, provoquant des pertes parmi les soldats et les membres de la Civilian Joint Task Force, milice locale appuyant l’armée.
Selon l’armée nigériane, plusieurs bastions islamistes situés dans le « Triangle de Tombouctou », une vaste zone difficile d’accès du nord-est, ont été nettoyés et certaines attaques planifiées déjouées. Les forces ont été repositionnées à Damboa, tandis que les corps des victimes et les blessés ont été évacués vers l’hôpital militaire de Maimalari, à Maiduguri. Cette zone demeure un fief historique de Boko Haram et de sa branche affiliée à l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), qui continue de multiplier les attaques contre les bases militaires malgré les offensives répétées des forces nigérianes.
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