Une manifestation de femmes commerçantes a perturbé la matinée de ce lundi devant la Chambre préfectorale de commerce. Plusieurs dizaines d’entre elles se sont rassemblées pour dénoncer leur déguerpissement d’un espace de vente situé au grand marché du quartier Gonia, un site que les autorités présenteraient comme appartenant à l’État.

Ces femmes, pour la plupart vendeuses de produits alimentaires, estiment avoir été priées de quitter les lieux sans qu’un site alternatif ne leur soit proposé. Une situation qu’elles jugent préjudiciable pour leur survie économique.
« Je vends des bananes, c’est avec ça que je nourris mes enfants »
Parmi les manifestantes, Adèle Koulémou, commerçante, dit craindre pour son quotidien et celui de sa famille.
« Moi je vends des bananes, c’est dans ça je nourris mes enfants. Nous payons la scolarité de nos enfants dans ça. Si on nous fait quitter, où on va aller ? On nous avait informées de quitter mais ils ne nous ont pas donné une place pour y aller. Où on va aller ? », s’interroge-t-elle.

Même préoccupation du côté de Marie Lamah, présidente du groupe des femmes du marché. Elle appelle directement le président de la République à intervenir.
« La place de la forêt là, ils n’ont qu’à nous aider à nourrir nos enfants là-bas. Nous pleurons. Nous les femmes, nous demandons au président de la République Mamadi Doumbouya de nous aider à rester. Nous ne refusons pas, mais qu’on nous laisse cette place », plaide-t-elle.
Une autre commerçante, visiblement inquiète, renchérit : « Nous disons au président d’avoir pitié de nous, de nous laisser la place là. Nous n’avons pas les moyens. Quand on nous dit de chercher une nouvelle place, c’est difficile pour nous. »
La Chambre de commerce promet une médiation
Sur place, la Chambre préfectorale de commerce affirme qu’elle n’avait pas été informée en amont de cette décision. Son président par intérim, Siaka Bereté, dit vouloir rapidement rencontrer les autorités pour mieux comprendre la situation.
« Les femmes où elles s’asseyent, elles font des petits marchés. Ça, c’est le coin de l’autorité. Ils sont prêts à construire leur bureau, ils ont dit aux femmes de quitter. Moi, c’est ma première nouvelle. Je viens d’être informé et je vais me voir avec les autorités en place pour qu’on essaye de voir ce qu’il y a lieu de faire. Je demande aux femmes de rester tranquilles », a-t-il déclaré.
Pour l’heure, aucune réaction officielle des autorités locales n’a été enregistrée. Les commerçantes, elles, disent attendre une solution rapide pour éviter de perdre leur seule source de revenus.
Cécé Kpamou, pour laguinee.info







