Le secteur de Daboro, rattaché au quartier Kassognah dans la commune de Manéah, ressemble à une zone laissée en friche par le développement. Plusieurs milliers d’habitants, des familles qui s’installent chaque mois… mais toujours aucune école publique, aucun centre de santé, aucune infrastructure culturelle, ni même un lieu de culte capable de contenir la population grandissante.
Un paradoxe que les résidents constatent chaque matin, sur un territoire présenté comme stratégique, mais dépourvu du strict minimum.
Trois kilomètres pour une école publique
Selon les habitants, l’unique établissement public se situe à Kassognah Centre, à environ trois kilomètres. Une distance qui oblige la plupart des parents à se tourner vers les écoles privées, souvent coûteuses pour des familles vivant de petits commerces.

Issiaga Kallo, résident de Daboro, décrit une situation devenue intenable : « De Kassognah jusqu’ici Douinsy, il y a Kassognah Centre, Daboro… nous avons une seule école publique. Elle est à Kassognah Centre. Donc, d’ici là-bas, c’est 3 kilomètres. Nous avons seulement des écoles privées. Ici, tous nos enfants sont dans des écoles privées. La seule école publique qui existe là-bas, dans des salles vous pouvez voir 100 et quelques élèves dans une salle », témoigne-t-il.
Des effectifs surchargés d’un côté, des établissements privés hors de portée de l’autre : pour de nombreuses familles, le calcul ne fonctionne plus.
Pas de centre de santé, pas de grande mosquée, pas de cimetière aménagé

Les manquements ne s’arrêtent pas à l’école. Un autre habitant, sous anonymat, décrit un quartier où tout reste à construire.
« Nous n’avons pas de grande mosquée. Nous avons une petite mosquée qui ne contient même pas beaucoup de personnes. Notre cimetière n’a pas de cour. Nous n’avons pas de centre de santé », explique-t-il, impuissant.
Dans un secteur aussi peuplé, l’absence d’infrastructures sanitaires et religieuses crée un vide réel, un quotidien rythmé par l’improvisation et l’espoir d’un changement qui tarde.
Un appel direct aux autorités : “Aidez-nous!”
Face à ce tableau, les habitants n’ont qu’une demande : être entendus.
« Je demande à Mamadi et à toutes les personnes de bonne volonté de nous aider. Kassognah est peuplé aujourd’hui. Il y a assez de monde ici. Donc nous devons chercher des infrastructures. Aidez-nous, aidez-nous! », lance un citoyen, visiblement à bout de solutions.
Les résidents estiment que la croissance démographique rapide du secteur exige une intervention urgente. Ils dénoncent un décalage criant entre l’afflux de nouvelles familles et l’absence d’investissement public.
Une urgence sociale qui ne peut plus être ignorée
Cet appel collectif, lancé depuis Daboro, met en lumière une réalité partagée par de nombreuses localités de la commune de Manéah : l’expansion urbaine court plus vite que l’État. Les infrastructures, elles, semblent courir un marathon sans ligne d’arrivée.
IAC, pour Laguinee.info







