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Kankan : l’inspecteur régional alerte sur la recrudescence des enfants égarés

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Le phénomène des enfants égarés prend de l’ampleur dans la commune urbaine de Kankan, suscitant de vives inquiétudes au sein de la population. Pour sensibiliser sur cette problématique sociale, l’inspecteur régional de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables, Mohamed Mariam Keïta, a livré à Laguinee.info une analyse détaillée de la situation.

Selon lui, l’augmentation du nombre d’enfants égarés résulte notamment d’un changement dans l’organisation sociale et familiale. « La problématique d’enfants égarés va avec l’évolution actuelle. L’État a demandé à ce que l’équité entre hommes et femmes soit effective dans les communautés. Et si on dit que l’équité doit être effective, il va falloir que les femmes travaillent au même titre que les hommes. Si celle qui devrait s’occuper de ses enfants a le droit de vaquer à d’autres affaires, il va falloir que les enfants restent à la maison. Nous sommes dans une société où supporter les cours scolaires, garder les enfants, ça va être une charge supplémentaire pour les parents. Ils sont obligés, les enfants reviennent, ils restent avec leurs chers frères à la maison, donc sans protection des parents », a-t-il expliqué.

L’inspecteur régional a également précisé que le cadre juridique actuel, le Code de l’enfant en vigueur en Guinée, ne reconnaît pas explicitement la notion « d’enfants égarés ». « Le document qui protège les enfants en Guinée, que ce soit le juge, l’OPJ, personne ne peut juger la situation où un enfant est concerné sans utiliser ce document. Vous allez fouiller ce document, la situation enfant égaré ne s’y retrouve pas. Mais le juge peut, pour sanctionner le parent, faire un parallélisme. Si la négligence du parent pouvait mettre la vie de l’enfant en danger, le juge peut se baser sur les articles qui concernent un parent qui néglige son enfant. »

Mohamed Mariam Keïta a insisté sur la responsabilité partagée dans la protection des enfants, impliquant à la fois les autorités communales et les parents ou accompagnateurs. « Les collectivités ont hérité des compétences en matière de protection de la population. Nous sommes là pour veiller à l’applicabilité des règles, donner de nouvelles orientations et accompagner ces collectivités. On ne peut pas interdire à un parent de vaquer à ses occupations, mais le mieux, avant de sortir, est de s’assurer que l’enfant se trouve dans un milieu protecteur. Vous laissez votre enfant, il peut, sans le vouloir, rencontrer des personnes mal intentionnées », a-t-il précisé.

Mohamed Mariam Keïta, inspecteur régional de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables de Kankan

Pour conclure, l’inspecteur régional a tiré la sonnette d’alarme : « À défaut de prévention, on ne parlera plus d’enfants égarés, mais d’enfants enlevés ou kidnappés. La Guinée étant en interaction avec d’autres pays, les réalités vécues ailleurs pourraient malheureusement devenir les nôtres. »

Ce phénomène social croissant dans la cité de Nabaya appelle à une vigilance accrue des parents et des autorités, afin de prévenir des situations tragiques et de protéger les enfants au quotidien.

De Kankan, Mohamed Lamine Yansané pour Laguinee.info

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