L’ancien Premier ministre malien, Choguel Kokalla Maïga, a adressé une lettre ouverte au président de la République algérienne démocratique et populaire, Abdelmadjid Tebboune, dans laquelle il exprime ses préoccupations face aux tensions diplomatiques récentes entre le Mali et l’Algérie et appelle au maintien de relations fraternelles et respectueuses entre les deux pays.
Dans sa lettre, M. Maïga souligne son attachement à la souveraineté du Mali et à la relation historique entre les deux peuples :
« Je le fais en ma qualité de citoyen profondément attaché à l’unité du peuple malien, à l’intégrité de son territoire, à sa souveraineté et à la continuité historique de son État, attaché également à la solide amitié qui lie nos deux pays, l’Algérie et le Mali. »
L’ancien chef du gouvernement rappelle les sacrifices consentis par le peuple algérien pour sa liberté et pour la lutte des peuples opprimés :
« Ne reculant devant aucun sacrifice, ce peuple s’est libéré du joug de la domination étrangère avant d’apporter une contribution majeure à la lutte des peuples opprimés en quête de liberté.»
M. Maïga évoque ensuite les tensions diplomatiques récentes, notamment lors des forums internationaux et des interventions des responsables algériens : « Une situation d’incompréhension s’est instaurée, faite de polémique, de discorde, avec des discours inappropriés, des accusations et invectives réciproques sur la scène diplomatique internationale. Elle a atteint un niveau surprenant, jamais égalé, préjudiciable à la sécurité de nos deux peuples, frères et amis… »
Il cite spécifiquement des interventions qui ont suscité son attention :
« J’ai également suivi, avec beaucoup d’attention, la conférence de presse donnée par le ministre des Affaires Étrangères de l’Algérie, Son Excellence Ahmed Attaf, le mardi 18 novembre 2025. Les propos qui y étaient tenus ont suscité, en même temps que l’espoir, quelques préoccupations, quant à la perception qui est faite, et les conséquences tirées de la situation réelle au Nord du Mali. »
Et concernant les liens historiques et fraternels entre les peuples :
« Les dirigeants actuels et les personnalités publiques dans nos deux pays, l’Algérie et le Mali… ne devraient jamais perdre de vue ou oublier, que nos deux peuples sont liés historiquement par sang. Ils doivent toujours avoir à l’esprit que leurs relations devraient rester fraternelles et amicales, quelles que soient les épreuves et situations. »
L’ancien Premier ministre appelle à la patience stratégique et au discernement dans les relations bilatérales :
« Il nous incombe, constamment, d’avoir de la patience stratégique et un grand sens de discernement, chaque fois qu’il s’agit de nos relations bilatérales. »
Enfin, il mentionne un mémorandum annexé à sa lettre, détaillant ses propositions pour restaurer la sérénité et la coopération entre les deux pays :
« Je me permets de vous adresser le Mémorandum ci-joint, afin de porter à Votre Haute Attention certains faits… Ce qui nous oppose actuellement peut être transcendé. »
La lettre ouverte de Choguel Kokalla Maïga intervient alors que le Mali et l’Algérie traversent une période de relations diplomatiques tendues. Elle s’inscrit dans un appel au dialogue et à la préservation des liens historiques et culturels entre les deux nations.
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