En exil forcé depuis la récupération de son domicile comme bien de l’État, l’opposant guinéen Cellou Dalein Diallo s’est exprimé sur RFI au sujet de la présidentielle du 28 décembre 2025. Ce scrutin, remporté par le président de la Transition Mamadi Doumbouya avec 86,72 %, s’est tenu après quatre années de transition et malgré l’engagement initial du chef de la junte de ne pas être candidat. Les principaux partis d’opposition, dont l’UFDG dirigée par Cellou Dalein Diallo, avaient été écartés du processus.
Dans son intervention, l’opposant conteste d’emblée la crédibilité du vote. « Il n’y a pas de liberté, il n’y a pas de démocratie. Vous savez bien que cette mascarade, aussi bien pour le référendum que pour l’élection présidentielle, il n’y a pas eu de vote. » Il évoque des bureaux largement désertés et une mobilisation qu’il juge insignifiante.
Le contraste entre ses observations et les chiffres officiels constitue l’un des points centraux de son propos. Les autorités annoncent une participation nationale supérieure à 80 %, un taux que l’opposant réfute catégoriquement : « La participation au niveau national, ils disent qu’elle est supérieure à 80 %. Mais on n’a jamais atteint 30 % nulle part, aussi bien à Conakry qu’à l’intérieur. » Il cite l’exemple de Labé, qu’il présente comme particulièrement révélateur : « À Labé, la participation a été inférieure à 20 %. »
Cellou Dalein Diallo aborde également les accusations visant certains responsables liés au financement de la campagne. Selon lui, ces pressions ne correspondent pas à la réalité du terrain : « Aujourd’hui, ils sont en train de harceler les gens qui avaient reçu le budget du financement de cette campagne pour dire que c’est eux qui ont détourné l’argent. » Il affirme que l’abstention s’explique par le respect de la consigne donnée par les forces vives, en particulier l’UFDG : « Ce n’est pas ça, c’est parce que les gens ont respecté la consigne donnée par les forces vives, notamment l’UFDG, dont c’est le fief. »
Revenant sur sa mise à l’écart du processus électoral, il déclare : « J’ai eu une voix qui porte, et j’étais considéré comme un ennemi à abattre, et en tout cas à exclure du processus électoral. » Il relie cette exclusion à un contexte plus large de tensions, citant plusieurs figures connues : « Où sont Foniké Mangué et Billo Bah qui s’apprêtaient à organiser une manifestation pour protester contre la fermeture des radios ? Où sont aujourd’hui le journaliste Marwane Kamara, qui dénonçait justement les dérives de l’agent ? Et le général Sadiba Koulibaly, il a été tué sous la torture, dit-on, parce qu’il était partisan d’une organisation rapide des élections et du retour de l’armée dans les casernes. »
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