Le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) a dénoncé lundi l’invasion et la fermeture de son siège régional dans le secteur autonome de Bissau (SAB) par les forces de l’ordre, un acte qu’il qualifie de « violation manifeste de la loi » et de « politique de persécution » contre l’opposition.
Selon le PAIGC, l’incident est survenu le 5 janvier, quelques semaines après la fermeture, le 28 novembre 2025, de son siège national. Les forces de police auraient empêché les employés d’accéder aux locaux, dans une mesure qualifiée d’« illégale et abusive » par le parti.
Pour le PAIGC, ces actions violent les principes fondamentaux qui protègent les partis politiques, notamment l’intégrité et l’inviolabilité de leurs sièges. Le parti estime paradoxal que ces interventions soient menées par des autorités se présentant comme garantes de la sécurité nationale et de l’ordre public. Dans son communiqué, le PAIGC accuse le gouvernement du président Umaro Sissoco Embaló de tolérer, voire de soutenir, des violations des droits fondamentaux.
Des accusations de dérive dictatoriale
Le parti lie ces événements à ce qu’il décrit comme une « dérive dictatoriale et inconstitutionnelle » depuis le coup d’État présumé du 26 novembre 2025. Selon le PAIGC, cette opération aurait été orchestrée pour empêcher la diffusion des résultats du scrutin qui, d’après sa version, confirmait la victoire de son candidat, Fernando Dias da Costa, dès le premier tour.
Le communiqué mentionne un ensemble de pratiques jugées persistantes : persécution des opposants, restrictions à la liberté d’expression et de la presse, arrestations arbitraires, violences, détournements de fonds publics et collecte coercitive d’impôts sans base légale.
Appel à la communauté internationale
Le PAIGC demande le retrait immédiat des forces de l’ordre de ses locaux et tient le régime militaire pour responsable des dommages matériels et moraux causés. Le parti réitère également sa demande de libération immédiate et inconditionnelle de son président et de ses dirigeants arrêtés depuis le coup d’État présumé.
Dans une démarche de pression diplomatique, le PAIGC appelle la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à exiger le respect des résolutions prises lors du 68ᵉ sommet des chefs d’État et de gouvernement, en insistant sur la libération des prisonniers politiques, le retour des militaires dans les casernes et le rétablissement de l’ordre constitutionnel.
Malgré ces tensions, le PAIGC a lancé un appel au calme et à la sérénité de ses militants et de la population, exprimant sa confiance dans un rétablissement prochain de l’ordre constitutionnel.
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